INFO LCI – Attentat déjoué : l’enquête autour de Reda Kriket et ses complices est terminée

Police

ANTITERRORISME – Selon nos informations, la juge en charge de l’information judiciaire sur l’attentat déjoué avant l’Euro 2016 vient de clore l’enquête. Une dernière série d’auditions menée par la magistrate à la fin de l’été n’a pas permis de lever les dernières zones d’ombre…

"Je n’ai aucune explication", "je ne sais plus, franchement c’est trop vieux", "je ne sais pas qui sont ces individus", "je n’ai rien à dire sur ce matériel"… Des réponses sibyllines, courtes, souvent à la forme négative. Dans un dernier interrogatoire, en date du 6 août dernier, Reda Kriket n’a pas levé les dernières zones d’ombre qui entourent le projet d’action violente caché derrière la découverte d’un véritable arsenal de guerre. 

C’était en mars 2016, à Argenteuil (Val-d'Oise), dans son appartement : des kalachnikovs, un pistolet-mitrailleur, une demi-douzaine d’armes de poing, 105 grammes de TATP, 1,3 kilogramme d'explosif industriel, un détonateur et suffisamment de produits chimiques et de matériel pour fabriquer d’autres bombes mortelles sont retrouvés par les enquêteurs. Un arsenal que la justice estime supérieur à celui du 13 novembre 2015.

Enquête close

Selon plusieurs sources proches de l’enquête, la juge d’instruction a informé les différentes parties qu’elle avait terminé ses investigations le 6 septembre dernier. L’enquête est désormais terminée. Les avocats peuvent toutefois formuler des observations et le parquet national antiterroriste livrer ses réquisitions avant que la juge d’instruction ne finisse définitivement son travail en rendant son ordonnance. Cette dernière, si elle retient les mêmes termes de la mise en examen, devrait en toute logique renvoyer Reda Kriket devant la cour d'assises spéciale pour participation à une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes, mais aussi pour acquisition, détention et cession d’armes. 

Un mois plus tôt, début août, elle interrogeait Reda Kriket pour la dernière fois. Plusieurs zones d’ombre persistaient : pouvait-il être un des relais français des terroristes belges passés à l’acte le 22 mars 2016 à Bruxelles, quelle était la cible de l’action violente qui se préparait, la cellule autour de Kriket est-elle liée à celle du 13-Novembre ? Des questions restées sans réponse. Tout juste Reda Kriket concède-t-il être un braqueur parfois proche des réseaux de trafiquants de stupéfiants, mais en aucun cas un terroriste de Daech.

Un lien sur zone irako-syrienne ?

Autre zone d’ombre, Reda Kriket a-t-il eu des liens avec des combattants de l’Etat islamique sur zone irako-syrienne qui auraient commandité un attentat ? Un des téléphones retrouvé dans l’appartement loué par Reda Kriket à Argenteuil a permis récemment d’isoler dans le répertoire trois numéros inconnus, deux syriens et un irakien. Interrogé à cet effet, il écarte : "Je n’ai aucune explication". Son complice mis en examen, Anis Bahri, est formel : "Ces numéros ne sont pas à moi, c’est sûr et certain". La juge insiste : "Ce téléphone appartiendrait donc à Reda Kriket ?". "Je ne sais pas à qui il appartient mais pas à moi, tranche-t-il. 

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Les investigations ont permis d’établir que les deux hommes étaient au même moment en Turquie du 8 au 20 janvier 2015. Un voyage pour se soigner les dents, justifie Reda Kriket, qui dément y avoir croisé Anis Bahri, encore moins s’être rendu sur zone irako-syrienne. Ce dernier, en revanche, affirme avoir tenté de rejoindre la Syrie pour nouer des contacts sur place, y suivre un entraînement, quitte à mourir en martyre. "Un objectif de vie pour moi", justifie-t-il.

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