INFO LCI – Drogue : les saisies d’ecstasy repartent à la hausse en France

Police

STUPÉFIANTS - Selon nos informations, la quantité de cachets d’ecstasy saisie en 2018 est la plus élevée de ces 14 dernières années, "signe d’une remontée en puissance de ce stupéfiant", note l’office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).

Après un ralentissement à la fin des années 2000, les saisies d’ecstasy repartent à la hausse. Pour atteindre désormais les niveaux du début des années 2000. Selon nos informations, 1.783.480 cachets ont été saisis par les forces de l’ordre l’année dernière, soit une augmentation de 1,4% par rapport à 2017. Si l’augmentation est somme toute relative, c’est surtout le retour à des niveaux importants qui inquiète. 

"La quantité saisie en 2018 s’établit comme la plus élevée des 14 dernières années, signe d’une remontée en puissance de ce stupéfiant", écrivent les policiers spécialisés de l’office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) dans une note du 23 juillet que nous nous sommes procurée.

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Diffusion dans tous les milieux sociaux

93% des saisies réalisées l’année dernière sur le territoire français proviennent des Pays-Bas. Et 36,48% des saisies avaient comme destination le Maroc. Mais il faut noter que la part de la France comme pays de destination a doublé, passant de 16 à 32% par rapport à l’année précédente. Autrement dit, un marché autre que celui, historique, des festivals et des "teufeurs", semble avoir émergé. 

"On retrouve l’ecstasy chez les poly-consommateurs, cette drogue touche tous les milieux sociaux et l’aspect de ses comprimés favorise sa diffusion large, à la fois sur Internet mais aussi dans la rue", commente Matthieu Noël, chef de la division d’analyse stratégique de l’OCRTIS. 

"Le succès de la consommation de cette substance est liée en partie à l’aspect des cachets aux formes et couleurs variées", expliquent d'ailleurs les enquêteurs dans cette note, relevant qu'ils "se prêtent ainsi plutôt bien à un marketing commercial agressif". Ainsi, l’ecstasy "parvient à se diffuser dans tous les milieux sociaux et sur l’ensemble du territoire", explique l’OCRTIS.

Des interceptions sur la route

Signe d’une pression de l’action policière sur les consommateurs, à défaut de remonter les filières, les saisies supérieures à 100.000 cachets ne concernent qu’une seule affaire qui représente en soi 34,5% de la quantité annuelle saisie. En revanche, la tranche de 1 à 20 cachets saisis représente 65% des affaires réalisées mais seulement 1% de la quantité saisie.

La région des Hauts-de-France est impactée par les trafics d’ecstasy, en première ligne des importations venues tout droit des Pays-Bas. Le Dauphiné et la région lyonnaise aussi, ainsi que la région parisienne. Ce sont surtout les douaniers qui interceptent les cachets (70% des saisies pour la douane, 28% pour les policiers, 2% pour les gendarmes), et principalement lors d’un contrôle routier (87%).

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