INFO TF1/LCI - Des enfants forcés de dérober de l'argent devant les DAB parisiens : cinq personnes interpellées en Seine-Saint-Denis

Police
ENQUETE - Selon nos informations, cinq membres d'une même famille ont été interpellés cette semaine dans un campement Rom de Bondy (Seine-Saint-Denis). Ils sont soupçonnés d'avoir forcé leurs enfants à commettre au moins 130 vols aux distributeurs de billets parisiens depuis 2016. Les enfants ont été placés dans des structures d'accueil.

Ils étaient devenus un cauchemar pour les utilisateurs de distributeurs automatiques de billets (DAB) de Paris. Après plus d’un an d’enquête, cinq enfants et adolescents ont eu droit à un réveil musclé lundi 1er juillet à 6 heures, dans leur camp de Bondy, en Seine-Saint-Denis, par la Brigade de protection des mineurs (BPM) et la Sous-direction de lutte contre l’immigration irrégulière (SDLII) de la préfecture de police de Paris. 


Agés de 6, 7, 11, 14 et 17 ans, tous ont été entendus comme témoins, avant d’être placés dans des structures d’accueil. Mais ce sont leurs propres parents qui focalisaient l’attention des enquêteurs : cinq adultes âgés d’une trentaine d’années, membres de la communauté Rom, tous soupçonnés d’avoir transformé leurs enfants en redoutables petits soldats du vol. Ils ont été simultanément interpellés et placés en garde-à-vue, sur décision d’un juge d’instruction parisien. 

Un butin d'au moins 60.000 euros

Pour les policiers de la BPM et de la SDLII, les cinq mineurs seraient d’ailleurs à l'origine de 130 vols commis dans la capitale entre 2016 et 2019 devant des DAB. Suivant les ordres de leurs parents, ces voleurs présumés utilisaient plusieurs techniques pour aboutir à leur fin : soit distraire l’utilisateur du DAB sous des arguments fallacieux pour ensuite lui dérober ses liasses de billets et prendre leurs jambes à leur cou, soit créer un incident pour, là encore, détourner l’attention de leurs victimes et composer discrètement sur le clavier du DAB – souvent 900 euros – avant de s’emparer de l’argent et de s’enfuir.


Contrôlé à de nombreuses reprises par la police dans les rues de Paris, l’un de ces mineurs a réussi à imaginer en l’espace d’un an près de 65 alias différents pour brouiller les pistes.  


Au regard des plaintes déposées, le butin accumulé par le petit commando familial avoisine les 60.000 euros. Mais la BPM et la SDLII sont convaincues que l’équipe a réalisé des centaines d’autres vols similaires dans la capitale, encore non élucidés. Après 3 jours de garde à vue, les cinq parents ont été présentés au juge d’instruction, avant d’être mis en examen pour "traite des êtres humains", "vols et recels en bande organisée", "provocation de mineurs à commettre des infractions", "blanchiment" et "association de malfaiteurs". Ils ont été incarcérés, comme le réclamait le parquet de Paris. 

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