INFO TF1/LCI - Police vs gendarmerie : la guerre des drones au G7 de Biarritz

Police

EXCLUSIF - L'histoire provoque depuis des semaines des tensions au sein des deux maisons du ministère de l’Intérieur. D’après nos informations, au moins un drone policier utilisé lors du dernier sommet du G7 a été neutralisé par un tir des gendarmes. Chaque camp se renvoie la balle.

Dans les couloirs de la place Beauvau, certains l’ont déjà surnommé le "dronegate". L’affaire est même remontée jusqu’au plus haut niveau de la hiérarchie de la police et de la gendarmerie nationale. Tout est parti d’une onde magnétique dans le ciel basque, en août dernier…

 

Ce 24 août, la tension est à son comble à Hendaye. Le sommet du G7, qui réunit plusieurs chefs d’Etat dont Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump, vient tout juste de s’ouvrir. Une marche pacifique doit avoir lieu, surveillée comme lait sur le feu par les autorités qui craignent des débordements et l’arrivée de casseurs et autres black blocs.

 

Un drone non-identifié repéré dans le ciel

D’après plusieurs sources, la Police aux frontières (PAF) était chargée de la surveillance – à l’aide d’un drone modèle Matrice 2010, relié à un câble électrique pour l’alimenter et capable de repérer le moindre individu à des centaines de mètres – de la cité judiciaire et de ses environs.

 

Peu après 13 heures ce jour-là, des représentants de l’Armée de l’air, présents dans le PC de commandement, auraient alors signalé la présence dans le ciel bleu du pays basque d’un petit drone non-identifié. La tension est à son comble, et les autorités sont avisées. D’après des règles rédigées en marge de événement, le seul drone à survoler le ciel d’Hendaye devait être celui de la PAF.

 

Mais les versions vont radicalement diverger quant à la suite des événements. Sur place, le drone non-identifié est dans un premier temps finalement décrit comme appartenant aux militaires de la gendarmerie. Mais ces derniers, eux, y voient plutôt un drone "ennemi", qui doit être rapidement neutralisé, de peur qu’il soit piloté dans le but, par exemple, de commettre un attentat. 

 

Vers 13h15, l’opérateur de la PAF perd alors subitement le contrôle de son drone, comme si ses moteurs avaient subitement rendu l’âme. Il réussira à le faire poser au sol sans casse, mais non sans frayeurs (l’engin pèse 5 kilos et coûte 30.000 euros).  La PAF en est persuadée : leurs collègues gendarmes sont forcément à l’origine du tir - à l’aide d’un pistolet qui envoie vers l’engin et sa radiocommande des ondes électriques puissantes, censées "bloquer" le drone et le rendre inopérant. 

 

Une version fermement démentie par plusieurs gendarmes que nous avons contactés. Les militaires affirment avoir alerté la PAF qu’un de ses opérateurs anti-drones s'apprêtait à neutraliser le drone "ennemi" (un modèle commercial, que n’importe qui peut acheter librement). L’onde électrique émise par le pistolet n’aurait touché l’appareil policier que par effet collatéral, sans jamais chercher à l’endommager volontairement.

 

Toujours d’après nos informations, un deuxième drone policier, utilisé cette fois par les hommes du RAID aurait connu le même sort, cette fois à hauteur de Biarritz, peu de temps avant l’arrivée du président Emmanuel Macron sur place. Un épisode que personne n’explique. Interrogés, les différents représentants de l’armée, des forces de l’ordre ou du Secret service américain ont tous nié être à l’origine du "brouillage" du drone utilisé par l'unité d'élite de la police nationale, lui-aussi estimé à 30.000 euros.

  

Depuis, chaque camp reste sur ses positions, se rejetant la balle. Plusieurs sources policières évoquent aujourd’hui l’idée d’une plainte devant la justice afin que toute la lumière soit faite sur l’incident. La gendarmerie nationale, elle, assure avoir parfaitement rempli sa mission de lutte anti-drones, assurant avoir parfaitement avisé la police de ses moindres faits et gestes.

Au total, durant le G7 organisé au pays basque, une soixantaine de drones (police, gendarmerie, douanes, sécurité civile, etc…) ont été utilisés pour des missions de surveillance.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter