INFO TF1/LCI – Violences contre les policiers : l’inquiétude autour des bombes artisanales

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POLICE – La hiérarchie policière parisienne vient de diffuser une note interne dans laquelle elle demande aux agents de prendre attache avec les magasins qui commercialisent des solvants et de l’acide chlorhydrique. Les autorités craignent une recrudescence de ces armes faciles à fabriquer.

"Acide alu". Deux mots pour désigner un procédé chimique redoutable : le mélange de métal et d’acide. Le gaz qui s’en dégage, une fois enfermé dans une banale bouteille en plastique, peut transformer celle-ci en bombe artisanale. L’explosion, quasi-systématique, peut projeter l’acide contenu à plusieurs mètres. Une arme qui peut créer des dégâts irréparables. Et qui est surtout de plus en plus utilisée. 

La Préfecture de police parisienne (PP) vient ainsi de tirer la sonnette d’alarme. Une note interne datée du 24 juillet dernier, que nous avons pu consulter, donne de nouvelles instructions au sujet de ces "armes particulièrement dangereuses (…)  de plus en plus utilisées contre les policiers dans des épisodes de violences urbaines". "Des ventes anormales d’acides chlorhydriques dans certains magasins ont déjà été signalées", détaille ce document d’une page, transmis à tous les commissariats de Paris et de sa proche banlieue.

Prendre attache avec les enseignes

ar la PP fait un constat implacable et, à ses yeux, inquiétant : "Ces bombes artisanales sont facilement réalisables d’autant que les modalités de fabrication se trouvent aisément en ligne."

Aussi, il est demandé aux effectifs locaux, à l’approche de grands événements tels que le 14-Juillet, la nuit de la Saint-Sylvestre ou "certaines échéances sportives", de "prendre attache avec les enseignes susceptibles de vendre" ces produits. Objectif : que ces commerçants prennent désormais les devants et signalent eux-mêmes à l’avenir d’éventuelles ventes suspectes.  Très exactement "toute fluctuation anormale dans les ventes de solvant et d’acide chlorhydrique", insiste le document de la préfecture de police. Si des achats "anormaux" étaient enregistrés, des enquêtes judiciaires pourraient alors être ouvertes pour "association de malfaiteurs en vue de commettre des dégradations ou des destructions par moyens dangereux ou substance explosive".

Pas "d’achats massifs" en Essonne, selon le parquet

La semaine dernière, des syndicats de policiers s’étaient inquiétés après des suspicions d’achats conséquents et répétés d’acide chlorhydrique signalés dans plusieurs magasins de bricolage de l’Essonne, alors que des violences urbaines étaient recensées en région parisienne en marge de matches de football de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).  Finalement, le parquet d’Evry – qui avait diligenté sans attendre une enquête - avait en début de semaine mis fin à la polémique, estimant qu’il n’y avait pas eu de ventes anormales d’acide dans le département.

"La diffusion de cette note n’est pourtant pas anodine, confie un haut cadre du ministère de l’Intérieur. La crainte des bombes type 'Acide alu ' est bien réelle chez les policiers de terrain, en particulier dans les cités les plus sensibles, où les guet-apens sont monnaie courante."

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