Mort de Simon Gautier : la famille du randonneur ne comprend pas pourquoi il n'a pas été localisé plus tôt

Police

ENQUÊTE - Un mois après la mort de Simon Gautier au sud de Naples (Italie), sa famille s'interroge notamment dans la presse sur le délai de transmission des informations concernant la localisation du jeune homme. Ce dernier avait passé un appel au secours après être tombé dans un ravin. Il serait mort le jour même mais son corps n'a été retrouvé que neuf jours plus tard.

Pour la famille de Simon Gautier, le deuil est difficile. Et il l'est d'autant plus qu'un mois jour pour jour après la mort du jeune étudiant qui vivait à Rome et préparait une thèse en histoire de l'art, de nombreuses interrogations demeurent. 

SImon Gautier, 27 ans était parti le jeudi 8 août de la gare de Policastro Bussentino pour faire une randonnée dans le sud de Naples. Il devait  remonter cette côte jusqu'à Naples, 200 km plus au nord. Mais dès le lendemain de son départ, le jeune homme parti en solitaire chute dans un ravin. Malgré l'appel immédiat au secours, il ne sera retrouvé que neuf jours plus tard, le 18 août. 

L'autopsie a permis d'établir que Simon Gautier était décédé le 9 août d'une hémorragie interne. Sa mère et son beau-père ne comprennent pas aujourd'hui pourquoi l'opération de sauvetage a pris autant de temps, alors que le randonneur avait immédiatement alerté de son accident et fait part, partiellement, de sa localisation. Les proches, qui n’ont appris que le lundi 12 août que leur fils était porté disparu, disposaient par ailleurs d’une carte réalisée par Simon Gautier montrant son parcours et qu’ils n’ont pu fournir que tardivement… La famille demande des "éclaircissements aux autorités françaises et italiennes quant aux délais et au manque de coordination constatés lors des opérations de secours", rapporte Le Monde ce lundi.

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Plusieurs appels "au secours"

Selon les analyses, rendues publiques par des médias locaux et confirmées à l'AFP par le procureur Antonio Ricci, le jeune Français de 27 ans, n'a survécu que pendant environ 45 minutes. "Il souffrait de fractures ouvertes et la mort a été probablement rapide suite à un très grave choc hémorragique", avait indiqué fin août le procureur de Vallo della Lucania.

Après sa chute le 9 août, Simon Gautier a d'abord essayer d’appeler sa colocataire romaine avec son portable. Elle manque l'appel. Le Monde détaille la suite : "L’étudiant compose alors le 112 et joint les carabiniers de Lagonegro. Le carabinier lui demande alors s’il est parti "de Maratea ou Sapri" et "s’il est en montagne". "Oui mais je suis proche de la mer", répond le randonneur. Celui qui reçoit son appel ne parvient pas à le localiser et lui demande de décrire ce qu’il voit d’où il se trouve. Il lui propose alors de faire un "appel vidéo" avant de transférer l’appel au 118, numéro dédié aux secours médicaux. Au 118, il précise qu’il est "parti de plus ou moins Policastro" et qu’il marche "en direction de Naples".

"Manifestement, ni le 112 ni le 118 ne savaient comment aider Simon à utiliser le GPS de son téléphone pour se géolocaliser lui-même ", réagit Olivier Compte, le beau-père du randonneur.

La localisation mobile avancée pas disponible

Si Simon Gautier n'aurait probablement pas pu être sauvé vivant compte tenu du délai au cours duquel sa mort serait survenue, ses parents aimeraient que la coordination comme les moyens utilisés soient plus performants si ce type d'accident devenue tragédie survenait à nouveau. 

Car aux problèmes de transmissions et de communications entre les différentes personnes et intervenants dans cette triste affaire s'ajoute un souci technologique. Les secours italiens ne disposent pas en effet de la technologie dite de la localisation mobile avancée (AML), permettant la géolocalisation automatique des appels qui leur sont destinés. La Commission européenne a demandé à l’Italie de clarifier ce point après la mort de Simon Gautier. "La réglementation européenne prévoit un déploiement progressif de systèmes de géolocalisation", explique le Quai d’Orsay à nos confrères.

 Treize pays de l’Union Européenne utilisent aujourd'hui l'AML.  

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