"Je ne pouvais plus respirer" : une policière blessée par la clé d'étranglement d'un collègue

"Je ne pouvais plus respirer" : une policière blessée par la clé d'étranglement d'un collègue
Police

BRUTALITÉ - Une policière a porté plainte après avoir subi une clé d'étranglement par un autre policier. Deux enquêtes, judiciaire et administrative, ont été ouvertes.

L'affaire tombe mal. Alors que la technique dite de la "clé d'étranglement" pourrait être supprimée à la rentrée, une gardienne de la paix a été blessée la semaine dernière après avoir brutalement subi cette prise de la part de l'un de ses collègues. Blessée avec deux vertèbres déplacées, elle a porté plainte, confirme l'AFP ce vendredi 26 juin.

Il n'aurait pas stoppé de lui-même

Comme le raconte le Parisien, qui a révélé l'affaire, c'est une discussion entre une agent de la police aux frontières et un collègue appartenant à une autre unité qui a conduit à ce dérapage. Au cœur du débat, les techniques d'interpellation et notamment le sujet particulièrement controversé de la "clé d'étranglement". 

Jugée trop dangereuse, cette technique fait actuellement l'objet d'un bras de fer entre le ministère de l'Intérieur, qui en a annoncé l'abandon prochain, et les forces de l'ordre.

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Selon le récit de la victime auquel l'AFP a eu accès, les faits se sont déroulés le 19 juin dernier. Elle est alors dans un TER en direction de la gare de Lyon, à Paris. D'après le témoignage d'une source policière, l'agent appartenant à une autre unité aurait demandé à pouvoir expérimenter ladite technique. Il aurait voulu vérifier s'il l'effectuait correctement, confiant ne l'avoir pratiquée qu'"une seule fois à l'école de police". C'est alors qu'il aurait subitement et violemment réalisé ce geste sur sa collègue. 

Maintenue au sol, elle aurait rapidement suffoqué.  Tapant du bras et des pieds pour faire comprendre sa détresse, l'individu aurait au contraire affermit sa prise. "Je ne pouvais plus ni respirer, ni parler", a-t-elle témoigné auprès de sa hiérarchie.

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Témoins et victimes assurent que l'homme aurait resserré son étreinte, et qu'il n'aurait "pas stoppé de lui-même". Ce sont en fait les autres fonctionnaires présents dans le wagon qui sont intervenus pour faire cesser l'incident. La policière affirme de son côté ne pas connaître l'auteur de la clé d'étranglement. Celle-ci a décidé de porter plainte et le parquet de Bobigny a ouvert une enquête judiciaire, confiée à l'inspection générale de la police nationale (IGPN). 

Une autre enquête, administrative, a également été lancée le 20 juin, selon le service d'information de la police nationale (Sicop), afin de déterminer les manquements professionnels dans ce dossier. Le Sicop précise que le policier mis en cause a été "retiré des missions sur la voie publique et n'est plus en contact avec le public".

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