Jet d'une boule de pétanque sur une femme devant une synagogue à Paris : l'acte n'est pas antisémite

Police
FAIT DIVERS - Mardi soir, une femme âgée de 79 ans a été blessée par une boule de pétanque jetée depuis une fenêtre alors qu'elle se trouvait devant une synagogue du 11e arrondissement. Selon nos informations, le caractère antisémite n'a pas été retenu après qu'une enquête a été ouverte. "Aucun élément ne laisse supposer, à ce stade, que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une race ou une religion", indique le parquet.

L'émotion était vive dans le quartier après les faits. Mardi soir, une femme de 79 ans a été blessée par une boule de pétanque alors qu'elle se trouvait devant la synagogue de la rue Moufle dans le 11e arrondissement. Blessée au niveau de la tête, la victime, dont le pronostic vital n'était pas engagée, avait été transportée à l'hôpital Lariboisière par les sapeurs-pompiers de Paris.  


Mercredi, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) avait condamné l'agression et demandé au Préfet de Police de Paris "de donner toutes instructions aux services placés sous son autorité, afin que tout soit mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de  ces actes inqualifiables , les interpeller et  les mettre à la disposition de la Justice" .

Le préfet de police Didier Lallement s'était rendu sur place mercredi soir et le BNCVA avait précisé qu'il se constituerait "partie civile si le caractère antisémite" était "avéré".


"Les investigations ont conduit les enquêteurs à mettre en cause un mineur âgé de 12 ans. Ce mineur, qui bénéficie par ailleurs d'un suivi psychomoteur, a été auditionné le 20 juin. Il a reconnu avoir jeté une boule par la fenêtre sans regarder ni viser personne", indique le parquet de Paris ce vendredi. "Aucun élément ne laisse supposer, à ce stade, que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une race ou une religion. La procédure va désormais être transmise au parquet pour appréciation des suites à donner" poursuit-il.

Les parents se sont excusés

"L'acte n'est pas antisémite, c'est une bêtise de gamin", a réagi Sammy Ghozlan, président du BNCVA contacté par LCI.  Les parents de cet enfant se sont excusés auprès des membres de la synagogue. Ils étaient très gênés par tout cela. Heureusement, la victime n'a pas eu de blessures graves, elle a eu une plaie à la tête et a pu regagner son domicile depuis". 


Sammy Ghozlan précise qu'"après les faits, la médiatisation de l'affaire et l'ouverture d'une enquête, les parents du jeune enfant se sont excusés auprès de la synagogue". "Ils étaient vraiment très gênés par tout cela, ils sont emplis de confusion. Apparemment, leur fils est aussi l'auteur du jet de seau d'eau lancé la veille contre des personnes juives de la synagogue. Il voulait s'amuser... Maintenant c'est sûr, il ne recommencera plus. Et nous, nous sommes rassurés de savoir que ce geste n'est pas antisémite". 



En février dernier, le ministère de l'Intérieur avait dressé un bilan montrant une augmentation de 74% des menaces et violences visant les Juifs. "Les actes antisémites ont bondi de 74% en France en 2018, avait annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Ils sont passés de 311 en 2017 à 541 l'an passé". "L'antisémitisme se répand comme un poison comme un fiel. Il attaque, il pourrit les esprits, il assassine", avait-il déclaré à Sainte-Geneviève-des-Bois où un arbre planté en mémoire d'Ilan Halimi, jeune Juif tué en 2006, avait été vandalisé. Il avait affirmé que le gouvernement ne laisserait "rien passer" à ce sujet. 

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