La mort de Cédric Chouviat ne "serait pas arrivée s'il n'avait pas résisté à son arrestation", défend l'avocat des policiers

Affaore Chouviat : les policiers réagissent après la mort du chauffeur livreur
Police

OMISSION - L’avocat des policiers impliqués dans l’interpellation de Cédric Chouviat parle d’une "tragédie", mais n’évoque pas le moment clé de l’interpellation.

C’est  "une épouvantable tragédie" résume Me Thibault de Montbrial. L’avocat des quatre policiers impliqués dans la mort de Cédric Chouviat, un livreur décédé après un contrôle policier vendredi 3 janvier, a tenu une conférence de presse, mercredi 8 janvier. Ces quatre fonctionnaires, trois hommes et une femme de la direction de la sécurité publique de l'agglomération parisienne (DSPAP), sont "très meurtris, très marqués" par ce décès, a déclaré Thibault de Montbrial lors de ce point presse. "Cette affaire, c'est une épouvantable tragédie pour la famille Chouviat", mais également "pour les quatre fonctionnaires", a ajouté l'avocat, assurant que ces derniers avaient "le soutien absolu, total de l'ensemble de la chaîne hiérarchique".

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Cédric Chouviat, 42 ans, est décédé dimanche 5 janvier à l'hôpital, près de 48 heures après avoir fait un malaise cardiaque lors d'un contrôle aux abords de la Tour Eiffel, au cours duquel des policiers l'ont plaqué au sol, casque sur la tête. Selon des témoins qui ont filmé la scène, l'un des agents lui a appliqué une clé de bras au niveau du cou. Un enchaînement confirmé par les premiers éléments de l'autopsie, qui dévoile qu'il a été victime d'une asphyxie "avec fracture du larynx". Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire".

"Il ne me semble pas que la proportionnalité des gestes que la police est en droit d'utiliser pour (...) quelqu'un qui résiste ait été dépassée", estime leur conseil, qui insiste sur "l'agressivité" de la victime. Selon Le Parisien, qui cite l’avocat des policiers, "Tout commence à un feu de circulation où l'équipage de Police Secours est en mission classique de sécurisation de l'arrondissement, indique Me de Montbrial. Il voit passer un individu à scooter avec un téléphone portable à la main. L'un des policiers baisse sa vitre et crie au conducteur du scooter 'téléphone !'" Ce dernier aurait ensuite "fait un geste méprisant", ce qui aurait conduit les policiers à le contrôler.

"Cette tragédie ne serait pas arrivée si M. Chouviat avait rangé son téléphone"

"Monsieur Chouviat a aussitôt adopté une attitude de provocation verbale et de provocation physique (...) en hurlant ‘violences policières’ à chaque fois que le policier le remettait aux distances de sécurité", raconte l'avocat. A l'issue du contrôle, d'une dizaine de minutes, les fonctionnaires sont remontés dans leur voiture. Mais Cédric Chouviat "est revenu au contact" et a commis "un nouvel outrage", conduisant à son interpellation.

L'équipage n'arrivant pas à le maîtriser, "il y a eu une mêlée", qui a entraîné la "chute du groupe sur la voie de circulation". "Monsieur Chouviat a résisté à son interpellation, ça s'appelle une rébellion", assure Me de Montbrial, disant s'appuyer sur une vidéo filmée par l'un des quatre policiers, actuellement dans les mains des enquêteurs.

"Cette tragédie ne serait pas arrivée si Monsieur Chouviat avait rangé son téléphone (...) et s'il n'avait pas violemment résisté à son interpellation", a conclu l'avocat. Ce jeudi soir, une centaine de personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, pour rendre hommage à Cédric Chouviat et dénoncer les conditions de son interpellation et "l'impunité des forces de l'ordre", filmée par plusieurs témoins. Une marche blanche doit avoir lieu dimanche à Levalois-Perret, où Cédric Chouviat était domicilié

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