La police roule avec sa voiture depuis quatre ans, elle reçoit les amendes

Police

FAIT DIVERS - Une habitante du Nord s'est vue confisquer son véhicule il y a quatre ans par un juge qui l'a confié à un service de police. Problème : la jeune femme ne cesse de recevoir contravention sur contravention.

Payer les contraventions d'une voiture qui ne nous appartient plus. Voilà la situation ubuesque dans laquelle se trouve une habitante du Nord. Selon cette dernière, cela fait maintenant quatre ans qu'elle reçoit des amendes pour des infractions routières qu'elle n'a pas pu commettre. Et pour cause : c'est la police qui roule désormais avec son véhicule. 

L'histoire, relayée par Le Parisien, remonte à 2015. Une enquête pour trafic de stupéfiants vise l'un des frères de la jeune femme. Interrogée par les enquêteurs, celle-ci ne parvient pas à justifier l'origine des fonds ayant permis l'achat de son véhicule. Elle est alors interpellée et mise en examen pour blanchiment. Son véhicule, une Audi A3 Break, est saisi sur décision d'un juge d'instruction comme la procédure le permet. Il est par la suite attribué à un service d'enquête de la police judiciaire. En 2018, la jeune femme est condamnée à une peine avec sursis et le jugement ordonne la confiscation définitive de sa voiture. 

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Condamnée à payer plus de 6000 euros de contraventions

Les papiers du véhicule n'ont toutefois pas été mis à jour. Résultat : elle reçoit des PV pour infractions routières et ce, même après sa condamnation en 2018 et la confiscation définitive du véhicule. "J'en ai reçu plus de soixante, il y en a pour plus de 6000 euros, sans compter les rappels", relate la jeune femme au Parisien. "J'ai fini par perdre tous mes points, et par perdre mon permis de conduire. J'ai eu des saisies sur salaires, des frais bancaires… Je suis fatiguée de cette situation", confie-t-elle au journal. Récemment, le Trésor public a saisi sur son compte 2000 euros. 

Malgré ses démarches auprès de la justice, de la préfecture ou de l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués pour contester ces amendes, la jeune femme continue de recevoir les contraventions dans sa boîte aux lettres. Un véritable casse-tête alors que son avocate parle d'un "sentiment d'impuissance". La jeune femme, quant à elle, refuse de rendre son permis et de régler les contraventions : "On me dit qu'il faut quand même payer. Je n'ai pas l'argent. Et je ne veux pas payer pour quelque chose que je n'ai pas commis."

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