LBD40 : la pétition d'un neurochirurgien demandant son retrait récolte plus de 75.000 signatures

LBD40 : la pétition d'un neurochirurgien demandant son retrait récolte plus de 75.000 signatures
Police

PÉTITION - Un médecin chef de service à Besançon a rédigé un texte "pour un moratoire sur l’utilisation des armes sub-létales". Il souhaite alerter sur la dangerosité de ces armes non-létales, dont le LBD40, un lanceur de balles de défense très largement utilisé notamment lors des manifestations des Gilets jaunes.

Le LBD40, ce lanceur de balles de défense, continue de prendre de l’ampleur médiatiquement. Et cette fois c'est pour demander son retrait. Le neurochirurgien et chef de service au CHRU de Besançon (Doubs), Laurent Thines, a monté il y a deux semaines une pétition en ligne pour "un moratoire sur l'utilisation des armes sub-létales". Et les signatures affluent. Vendredi matin, plus de 75.000 personnes avaient signé le texte. 

Derrière le terme d'armes "sub-létales" se cache une partie de l'équipement utilisé par les forces de l'ordre pour le maintien de l'ordre : grenades lacrymogènes, grenades de désencerclement, LBD40... Dans son texte, Laurent Thines dénonce l'utilisation des LBD mais aussi des grenades de désencerclement, "tout aussi dangereuses", par les forces de l'ordre. "Le ministère de l'Intérieur fixe le curseur de la violence", estime-t-il.

"Quand on va manifester on joue à la roulette russe avec sa vie"

Le médecin, dit avoir été "particulièrement choqué par les photos prises et les lésions observées chez les personnes blessées lors des mouvements de manifestation". "J'ai vu des photos de personnes blessées par LBD : les lésions sont gravissimes",a-t-il affirmé, "quand on va manifester, on joue à la roulette russe avec sa vie", juge le neurochirurgien.

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"Blessures de guerre"

Les lésions causées par les LBD "sont comparables à des blessures de guerre, d'accidents graves de la route ou de grosses chutes", a expliqué Laurent Thines. "Enucléation, amputation d’extrémité de membre, fracas maxillo-facial et dentaire, traumatisme cranio-cérébral": la pétition, qui a atteint dans la nuit de jeudi à vendredi son objectif de 75.000 signatures, dresse une longue liste des blessures causées par ces armes sub-létales.

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Le Conseil d'Etat a examiné mercredi des recours demandant la suspension immédiate de l'usage du lanceur de balles de défense. Cette arme aurait été utilisée dans "9.228 cas" lors de manifestations de Gilets jaunes depuis le début du mouvement de contestation sociale mi-novembre, a indiqué Pascale Léglise, représentante du ministère de l'Intérieur, lors d'une audience au Conseil d'Etat.

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