Le groupe LVMH a fait espionner François Ruffin, révèle Mediapart

Police

ENQUÊTE - François Ruffin a critiqué ce mardi "une police nationale devenue police des PDG" après des affirmations de Mediapart selon lesquelles le député LFI et son journal Fakir ont fait l'objet d'un espionnage à la demande du groupe LVMH.

Sollicités ces dernières heures par Mediapart puis l’AFP, le groupe LVMH n'a pas souhaité faire de commentaire. Son patron, Bernard Arnault, non plus. Durant son audition par la police, le 17 janvier, le dirigeant avait d’ailleurs déjà affirmé n'avoir "aucune information à ce sujet". Ce sujet ? Dans un article mis en ligne ce mardi, Mediapart révèle, documents à l’appui, que François Ruffin et son journal, Fakir, auraient fait l'objet d'un espionnage à la demande du groupe LVMH. Une surveillance présumée qui a précisément causé la convocation de M. Arnault par les enquêteurs au début de l’année.

François Ruffin "étudie" la possibilité de porter plainte

Cette surveillance aurait duré un an, "sur une période allant au moins de mars 2015 à février 2016", détaille le site d’information, soit exactement la période durant le député de La France Insoumise, qui ne l’était alors pas encore, travaillait sur le tournage de "Merci Patron", film satirique consacré... à LVMH. Le film raconte en effet le combat d'un couple d'anciens ouvriers du leader mondial du luxe parvenus, avec l'aide du réalisateur, à soutirer de l'argent à Bernard Arnault, l'une des plus grosses fortunes de France, après leur licenciement pour cause de délocalisation en Pologne.

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Au centre de cette affaire : l’enquête visant Bernard Squarcini, ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI),  mis en examen parce que soupçonné d’avoir servi des intérêts privés tandis qu’il occupait cette dernière fonction. Un Bernard Squarcini qui travaille notamment... pour LVMH, où il dispose d’un bureau et même d’une adresse électronique, précise Mediapart, qui liste dans son article certaines des informations accumulées par les espions présumés, dont certaines relevant de la vie privée de M. Ruffin.

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"On apprend aujourd'hui que les deux Bernard, Arnault et Squarcini, s'appliquent à me surveiller, moi, Fakir et mes proches. Je tiens surtout à souligner une chose : la porosité entre la surveillance privée et la police nationale. Une police nationale devenue police des PDG", a réagi sur Twitter le député, qui "étudie avec [ses] avocats" la possibilité de porter plainte. Et "remercie" Mediapart pour son enquête.

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