Le manifestant frappé à terre par un policier sera jugé pour violences et rébellion

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VIOLENCES - Un manifestant a été frappé à deux reprises samedi dernier en marge de la manifestation contre la réforme des retraites par un policier alors qu'il était au sol. La scène filmée a été vue des milliers de fois. Le Syndicat Alliance Police Nationale soutient le fonctionnaire et détaille sa version.

Un homme à terre, du sang au sol, et un policier qui frappe, à deux reprises. Depuis sa diffusion samedi 18 janvier, cette vidéo tournée en marge de la manifestation contre la réforme des retraites a été vue et commentée des milliers de fois par les internautes dénonçant les violences policières. Pour la première fois dimanche, une version est venue en soutien aux fonctionnaires de police par la voie du syndicat Alliance Police nationale. Stanislas Gaudon, Secrétaire administratif général d'Alliance, a tenu en effet à donner des éléments de contexte qui ne figurent pas dans cette vidéo. 

"Il y a eu des commentaires depuis deux jours qui ont stigmatisé les policiers alors que personne ne savait réellement passé ce jour-là", a-t-il déploré dans La Matinale de LCI ce lundi matin. Avant de revenir sur les quelques minutes qui ont précédé les coups portés par le policier à ce manifestant. 

"Ce jour-là, nous avons affaire à un individu extrêmement violent qui participe à un attroupement avec des personnes dont le visage est dissimulé et des bouteilles en verre sont notamment jetées sur des forces de l'ordre, raconte Stanislas Gaudon sur notre antenne. Les policiers l'écartent du cœur de la manifestation et le mettent à l'écart, et le collègue se penche sur cet individu. Il voit qu'il est blessé, il lui dit : 'Montrez-moi votre plaie que je puisse la soigner. Dans le même temps, on vient d'appeler les sapeurs-pompiers. Et là, que se passe-t-il ? L'individu crache du sang au visage du collègue qui vient de relever sa visière." 

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"Le collègue met une gifle pour éviter le crachat"

Le secrétaire administratif général d'Alliance explique ensuite que "le collègue a ensuite du sang dans la bouche". "Vous imaginez à ce moment-là ce qu'il se passe dans la tête du policier ? Du sang sur le visage et dans la bouche ? Et là, l'individu racle à nouveau sa gorge et dit : 'J'ai le sida, je vais te crever!" Voilà comment ça s'est passé." 

Stanislas Gaudon poursuit : "A ce moment, le collègue met effectivement une gifle pour éviter qu'il prenne de nouveau un crachat de sang. A l'issue de cette gifle, l'individu continue à être extrêmement violent avec les pieds en l'air, à tenter de se rebeller. Et là, le collègue porte effectivement un coup de poing au thorax  pour le faire cesser, pour éviter qu'à nouveau il crache au visage le sang notamment. Là, évidemment, les collègues viennent prêter main forte et là, seulement, est procédé au menottage de l'individu. Il est mis assis, et mis à disposition des sapeurs-pompiers pour qu'il soit procédé aux examens médicaux". 

Le policier qui a frappé est "très affecté"

Selon Stanislas Gaudon, le policier filmé en train de porter les coups est "très affecté psychologiquement". "Il voulait porter secours et il se retrouve en trithérapie. Il se retrouve avec des semaines d'examens et des effets secondaires notamment sur les médicaments", ajoute-t-il, déplorant par ailleurs que depuis deux jours "on ait jeté les policiers à la vindicte populaire". 

Ce dimanche, le parquet de Paris et la préfecture de police ont annoncé, le premier une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" confiée à l'IGPN, la police des polices, et la seconde une enquête administrative diligentée par le service d'évaluation et de contrôle.

"Trois plaintes ont été déposées par des policiers pour violences volontaires", indique une source policière à LCI ce lundi. Parmi les plaignants, le policier que l'on voit sur les vidéos frapper un manifestant. "Le manifestant interpellé a lui été placé en garde à vue après son interpellation. Celle-ci était toujours en cours ce lundi matin", selon plusieurs sources. "La garde à vue a été levée. Il va être déféré au parquet", indique ce lundi midi une source judiciaire à LCI. En début d'après-midi, lundi 20 juin, l'homme frappait à terre a reçu une convocation devant le tribunal correctionnel pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, rébellion et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations. Il devrait être placé sous contrôle judiciaire.

Les investigations se poursuivent, alors que, depuis le début de l'année, de nouvelles vidéos ont fait état de dérapages policiers dans le cadre de l'encadrement des manifestations, et que le gouvernement a rappelé l'importance du respect de la déontologie dans le cadre de cette activité.

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