Le Média porte plainte "contre X" pour des vols lors du départ de Sophia Chikirou

Le Média porte plainte "contre X" pour des vols lors du départ de Sophia Chikirou

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ENQUÊTE - Le Média a porté plainte contre X pour des vols de matériel et document dans ses locaux au moment du départ de Sophia Chikirou, l'ex-présidente de la webTV révoquée en juillet dernier. Dans les déclarations déposées jeudi 26 octobre, les accusations visent clairement l'ancienne directrice de la communication de la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

L'une est dans la tourmente et l'autre continue sa crise interne. Selon les informations conjointes de Radio France et de Mediapart, la direction de la webTV Le Média a déposé deux plaintes "contre X" pour des vols commis au moment du départ de Sophia Chikirou, révoquée en juillet dernier. L’ex-présidente du Média et ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, déjà impliquée dans l'enquête préliminaire sur la campagne présidentielle de La France insoumise, conteste formellement les faits. 


Selon nos confrères, les deux plaintes sont signées du 25 octobre et ont été déposées le lendemain auprès du procureur de la République de Paris. 

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Des plaintes pour vol, sans effraction

Les éléments déclarés font état de vols de matériel et de documents administratifs et financiers au sein des locaux du Média, à Montreuil. Stéphanie Hammou, l'actuelle présidente de la Société de production Le Média (SDPLM), justifie sa démarche avant tout comme nécessaire pour valider l’opposition à deux chèques bancaires, disparus depuis le vol présumé.


Comme indiqué dans l’enquête de Mediapart, les plaintes rappellent que Sophia Chikirou avait pour obligation de "restituer toutes les possessions de la SDPLM, biens matériel, informations, code d’accès, etc." après sa révocation. Or les locaux ont été fermés pour congés sans que cette restitution n’ait eu lieu. 

Au retour des équipes un mois plus tard, il a été constaté "que le bureau de Mme Chikirou avait été entièrement vidé de tous ses dossiers ainsi que du matériel de bureautique appartenant à la SDPLM, et qu’il était refermé à clef", indique la plainte. Les locaux auraient donc fait l’objet d’une "intrusion sans effraction", selon la présidente de la SDPLM.

Des éléments à charge... Trois mois plus tard ?

Suite à une sollicitation de Mediapart, Sophia Chikirou a dénoncé une "tentative de manipulation", et son avocat a indiqué qu'elle n'avait "absolument aucune connaissance qu'un vol de biens appartenant au Média aurait pu être commis cet été". Dans un échange de mail imprimés et joints aux plaintes comme pièces à charges, elle assure même avoir perdu les clés de son bureau. 


Dans une vidéo diffusée sur Youtube, la communicante interroge le fait que la direction du Média "s'aperçoit du vol plus de trois mois après son départ", donc deux mois après la réouverture des locaux. 

Elle questionne également la coïncidence de la date de dépôt de la plainte, qui intervient deux jours après sa dernière audition pour l'enquête préliminaire sur la campagne présidentielle de La France Insoumise. Elle sous-entend alors que cette plainte serait "opportune" pour salir sa réputation. 

Une bataille juridique loin d'être terminée

Sophia Chikirou, qui conteste également le vol de chèques, réclame au Média le règlement d'une facture de 67.000 euros pour des prestations fournies par sa société Mediascop de janvier 2018 à juillet 2018. Avec les demandes de dommages-intérêts et de paiement de frais de justice, l'ex-dirigeante réclame ainsi plus de 120.000 euros au total. Elle a assigné le Média par huissier en septembre pour obtenir le paiement de cette somme. Du côté de la webTV, on accuse l'ex-dirigeante de s'être auto-facturé des prestations, la nouvelle direction indique qu'elle se réserve le droit de déposer une autre plainte pour abus de bien social.


Sophia Chikirou a annoncé son intention de porter plainte pour "dénonciation calomnieuse" et "abus de confiance" contre les différentes sociétés appartenant aux dirigeants du Média, pour faire vérifier "l'ensemble de la comptabillité du Média et pas seulement la relation Le Média/Mediascop".  Une guerre juridique qui s'annonce compliqué pour les deux parties, chacune affaiblie par d'autres affaires. 

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