Le ministère de l'Intérieur a-t-il commandé 650 drones pour aider au respect du confinement ?

La police ou la gendarmerie utilisent des drones depuis plusieurs années lors de leurs interventions

SURVEILLANCE – Dimanche 12 avril, le ministère de l'Intérieur a publié un appel d'offres d'un montant de 4 millions d'euros, pour l'achat de près de 650 drones. Devant les sénateurs, Christophe Castaner a réfuté tout lien avec le confinement mais ne se privera pas de les utiliser dans cette optique.

Une commande publique qui intrigue. Le 12 avril, en plein confinement, le ministère de l'Intérieur a lancé un appel d'offres d'un montant de 4 millions d'euros pour l'achat de près de 650 drones. Interrogé par les sénateurs à ce sujet lors de son audition sur la gestion de la crise du coronavirus, Christophe Castaner a nié tout lien entre cette commande avec la crise sanitaire actuelle. Il s'agit d'un simple hasard de calendrier. Explication. 

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De quelle commande publique parle-t-on ?

Il s'agit d'un appel d'offre sobrement appelé "Drones" et posté le 12 avril sur le Bulletin officiel des annonces des marchés publics. Les entreprises ont jusqu’au 19 juin pour envoyer leurs propositions pour les trois lots proposés. Plus de 500 "micro-drones du quotidien" pour un montant de 1,8 million d’euros. 66 drones dits "de capacité nationale", pouvant peser jusqu'à 8 kilos et pour un montant estimé de 1,58 million d’euros. Enfin, une vingtaine de "nano-drones spécialisés" pour un prix  175.000 euros et pesant moins de 50 grammes. 

Une simple coïncidence pour le ministère de l'Intérieur

Interrogé par les sénateurs quant à savoir si cette commande traduisait une volonté de renforcer le contrôle du confinement, Christophe Castaner assure qu'il ne s'agit que d'une coïncidence. "Il y a eu, l’année dernière, la décision de monter en puissance et de renouveler du matériel. Une commande a été préparée et initiée, explique-t-il. Elle n’a strictement rien à voir avec l’épidémie car elle a été décidée bien avant que le Covid n'apparaisse même en Chine." Et d'assurer, alors que 12 millions de contrôles ont eu lieu depuis le début du confinement, qu'"il ne serait pas sage de laisser penser qu’il y a un lien quelconque. [...] C’est l’échéances de l'appel d’offre qui veut cela."

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La coïncidence absente, Christophe Castaner ne s'opposerait toutefois pas à l'utilisation de ces nouveaux appareils pour aider à la verbalisation des contrevenants. "Les drones peuvent être utilisés dans le contrôle du confinement et je l’assume parfaitement." En plus de leur praticité, le ministre de l'Intérieur avance également des arguments d'ordre budgétaire. "Nous utilisons des hélicoptères, par exemple, pour contrôler les plages", les drones sont eux "plus économiques" à mobiliser. 

Les policiers pourraient ne pas en avoir le temps. Une fois l'appel d'offre terminé le 19 juin, le ministère de l'Intérieur devra examiner les propositions des candidats avant de les valider. Les drones ne seront donc pas livrés immédiatement. De plus, les achats du ministère pourront s'étaler sur une période de quatre ans. Gageons que le confinement sera terminé d'ici là.

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Enfin, les règles de verbalisation n'ont pas changé. Si les aéronefs épaulent les policiers et gendarmes pour repérer les infractions, "la verbalisation par nature est toujours humaine, il n’y a pas de verbalisation à partir de drone." A noter également que "les images prises dans le domaine privé ne peuvent pas être utilisées par les services de police." 

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