Le porte-parole d'une association LGBT tunisienne agressé à Paris

Police
HOMOPHOBIE - Réfugié politique en France après avoir été condamné pour son homosexualité dans son pays, le militant LGBT tunisien Nidhal Belarbi a porté plainte, vendredi 9 août, après avoir été victime d'une agression à caractère homophobe, la nuit précédente, dans le quartier de Bastille.

Condamné pour homosexualité en Tunisie, Nidhal Belarbi avait fui son pays et obtenu l'asile politique en France, où l'homophobie l'a rattrapé, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 août. Alors qu'il rentrait chez lui, aux alentours de minuit et demi, dans le 11e arrondissement de Paris, ce militant LGBT tunisien, porte-parole de l'association Shams a été passé à tabac dans la rue par quatre personnes, indique dans un communiqué le Comité IDAHO (Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, ndlr).

L'un des agresseurs, relate le comité d'après le témoignage de Nidhal Belarbi, n'était pas un inconnu pour ce dernier. Il s'agit d'"un homme qui l'avait déjà agressé en Tunisie en 2013" et qui "l'a reconnu dans la rue". Après quoi, accompagné de "trois autres personnes", il s'en est pris à son ancienne victime, "en proférant des insultes homophobes", avant de le "rouer de coups". Le cauchemar ne s'est toutefois pas arrêté là pour le ressortissant tunisien. Son agresseur, raconte Louis-Georges Tin, fondateur du Comité IDAHO, qui héberge le militant, a "forcé la porte" du camion de pompiers où la victime de l'agression patientait avant d'être transporté aux urgences. "Il revenait terminer le travail", témoigne l'universitaire, également président du Cran.


Interrogée par l'AFP, une source policière a indiqué à l'agence que Nidhal Belarbi avait "porté plainte le lendemain, déclarant un caractère homophobe dans son agression". De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires en réunion à raison de l'orientation sexuelle de la victime". La victime, qui ne souffre pas de fracture, présente toutefois de "nombreuses contusions aux côtes et au cou", et doit porter une minerve, comme le montre la photo qui accompagne le post du Comité IDAHO. Le principal suspect dans cette agression travaillait comme agent de sécurité dans le quartier de Bastille, poursuit-elle.


L'association Shams, elle, avait été sous le feu des projecteurs pour d'autres raisons, ces derniers jours. Mounir Baatour, président et fondateur de cet organisme, qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie, a déposé le 9 août sa candidature à l'élection présidentielle tunisienne, prévue le 15 septembre.

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