Les Gilets jaunes interpellés sur les Champs-Elysées étaient-ils majoritairement des extrémistes ?

Police
VIOLENCES – Suite aux violences en marge de la manifestation des Gilets jaunes samedi à Paris, 103 personnes ont été interpellées et 101 placées en garde à vue parmi lesquelles cinq mineurs. Selon nos informations, la majorité d’entre elles auraient plus des profils de suiveurs que d’extrémistes de droite ou de gauche. Parmi les interpellés figure également un surveillant pénitentiaire.

Des vitres brisées, des magasins dégradés, du mobilier et des voitures en feu, la manifestation des Gilets jaunes organisée à Paris samedi 24 novembre a provoqué plusieurs millions d'euros de dégâts sur les Champs-Elysées. Et les estimations sont toujours en cours.  Rien que pour la boutique DIor, les dégâts déclarés sont de l'ordre d'1,5 million d'euros.


Au total, 103 personnes ont été interpellées samedi, essentiellement le soir et la nuit, en marge des violences et 101 ont été placées en garde à vue (parmi lesquelles 5 mineurs). "Parmi les 98 majeurs : trois mis en cause se sont vus remettre une convocation devant le tribunal correctionnel, 23 procédures ont été classées sans suite,  27 gardes à vue ont été prolongées et 45 personnes ont été déférées. Concernant les cinq mineurs : une garde à vue a été prolongée, deux mineurs ont été déférés et deux procédures ont été classées sans suite. Plusieurs personnes feront l’objet d’une comparution immédiate ce lundi", a indiqué le parquet de Paris. Motif de cette comparution au tribunal : groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations (tous les prévenus), violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique (certains prévenus), dégradations (certains prévenus), outrage, rébellion, menace de mort (certains prévenus) ou bien encore recel de vol (certains prévenus) 


Et si le parquet n’a pas donné de précision sur les profils des personnes interpellées, elles semblent plus disparates que les premières déclarations ne le laissaient présumer. 

Inconnus des services de police

En effet, après les incidents, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait  pointé "une mobilisation de l'ultradroite" - évoquant le chiffre de 200 personnes parmi les manifestants présents sur la célèbre avenue, où les forces de l'ordre ont selon lui dû "repousser les séditieux" qui "ont répondu à l'appel notamment de Marine Le Pen (à défiler sur les Champs, ndlr) et veulent s'en prendre aux institutions comme ils veulent s'en prendre aux parlementaires de la majorité".   

La présidente du Rassemblement national a immédiatement réagi, affirmant n'avoir "jamais appelé à quelque violence que ce soit", accusant le gouvernement "d'organiser la tension" et de faire d'elle un "bouc émissaire". 

Cuisinier, maraîcher, plombier...

La présence de membre de l'ultra droite semble attestée mais cette composante ne semble pas figurer parmi les interpellés.  Aucun n'est par exemple connu du renseignement. Selon nos informations, 47 des 103 personnes interpellées ne sont ainsi pas domiciliées en Île-de-France. Par ailleurs les individus interpellés n'ont pas indiqué appartenir à des mouvements "extrêmes". Quelques-uns auraient dit avoir des idées d'extrême gauche mais seraient bien loin des profils de "casseurs "ou "black bloc". Parmi les professions des gardés à vue :  des ouvriers, mécaniciens, cuisiniers, charpentiers, maraîchers, magasiniers, plombiers… La grande majorité sont des hommes entre 20 et 30 ans.


En outre, trois interpellations supplémentaires en lien avec le mouvement des Gilets jaunes, par des individus qui en étaient porteurs, ont été réalisées le dimanche 25 novembre autour des Champs-Elysées, pour port d’armes prohibés et dégradations de biens privés. Les trois mis en cause, un majeur français et deux mineurs isolés marocains, sont placés en garde à vue au commissariat du 8e. 

Images en cours d'exploitation

Au total, 172 infractions ont été retenues, dont une de nature criminelle, des violences volontaires aggravées ayant entraîné une infirmité permanente pour un policier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC). Par ailleurs, trois policiers de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération ont été blessés (fracture de la cheville, commotion cérébrale, blessure au pouce), un policier de la DOPC a été blessé à l’œil à la suite d’un jet de projectile et hospitalisé. Un CRS a également été brûlé à la cuisse suite à l’explosion accidentelle d’une grenade. 


La Sûreté Territoriale de Paris procède à l’exploitation des caméras afin de conforter les procédures et d’identifier d’autres auteurs, notamment pour les importantes dégradations parfois suivies de vols dans les commerces. Une plainte de la société Dior fait état d’un préjudice total d’1,5 million d’euros. D'autres plaintes devraient suivre compte tenu des dégâts. 

Quatre types de manifestants

De fait, d'après nos informations, plusieurs types de manifestants ont été observés dans le cortège des Champs-Elysées samedi : de "simples" gilets jaunes , provinciaux pour une grosse moitié, et non radicaux. Environ 200 personnes qualifiées d'"ultradroite. En fin d'après-midi, des profils cette fois d'extrême gauche se seraient mêlés aux manifestants. Enfin, en fin de soirée et dans la nuit, ce sont encore d'autres manifestants - plutôt issues des banlieues proches de Paris - qui se sont rendus dans le secteur des Champs-Elysées.  

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