Malaise dans la police : déjà neuf suicides depuis le début de l'année

Police

MAL-ÊTRE - Neuf gardiens de la paix se sont donné la mort depuis le début de l'année. Un chiffre à mettre en comparaison avec les 36 suicides relevés en 2018 et qui surlignent le malaise au sein de la profession, dont les conditions de travail peinent à être relevées.

Des policiers qui tombent, les uns après les autres. Cette chorégraphie macabre s'est répétée, ces derniers mois, dans les rangs de la police, pour alerter sur le malaise au sein de la profession. Après avoir déploré le suicide de 36 d'entre eux en 2018, l'année 2019 part sur des bases encore plus alarmantes. Selon les syndicats de policiers, ils sont neuf policiers à s'être donné la mort sur les 17 premiers jours de 2019.

Tous âges, sexes et grades confondus

Un phénomène qui touche tous les domaines : CRS, brigade anti-criminalité, police aux frontières... Tous les grades sont également concernés, mais aussi tous les âges : "C'est des moyennes d'âge qui tournent autour de la trentaine, de la quarantaine, pointe un syndicaliste rencontré par LCI. Mais un collègue vient de se suicider, il avait 26 ans. Ce n'est pas une question d'âge, de sexe, c'est un mal-être commun à la grande majorité de nos collègues."

Un phénomène qui ne date pas d'hier, et sur lequel un rapport sénatorial avait alarmé à l'été 2018. Il établissait ainsi que le taux de suicide dans les rangs de la police était de 36% supérieur à la moyenne nationale. Les forces de l'ordre pointent plusieurs raisons à ce mal-être, et principalement des dégradations des conditions de travail. Surcharge de travail, manque d'équipement. "On est grosso modo sur une tranche de 70 heures par semaine avec un jour de repos, précise un syndicaliste. Il n'est pas rare que nous soyons obligés d'investir à partir de nos propres deniers pour notre équipement."

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"Un week-end de repos sur six"

La mobilisation des Gilets jaunes n'a rien arrangé. "Ils n'ont plus de jours de repos, s'indigne Rocco Contento, du syndicat Unité SGP Police FO sur LCI. En région parisienne, on travaille sur un cycle de repos d'un week-end toutes les six semaines, et ça ne s'arrange pas avec les Gilets jaunes." De fait, à la mi-décembre 2018, avait émergé le mouvement des Gilets bleus, mobilisation de forces de l'ordre pour protester contre l'explosion du nombre d'heures supplémentaires non payées (quelques 20 millions d'euros pour un montant total de 274 millions d'euros).

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Policiers : le gouvernement accorde une hausse générale des salaires

Face à la nécessité affichée par le gouvernement de compter rapidement sur les forces de police pour encadrer les manifestations, le gouvernement avait cédé à de nombreuses revendications. Ainsi, les policiers ont obtenu une hausse de salaire de 40 euros au 1er janvier, assortie d'une double hausse de 30 euros, à verser en juillet 2019 puis juillet 2020. En plus des primes de revalorisation, cela donne, sous 18 mois, une hausse moyenne de 120 euros. En attendant le règlement de la question des heures supplémentaires.

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