Gilets jaunes, syndicats, "black blocs"... à quoi s'attendre pour les manifestations du 1er mai ?

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MOBILISATION - Acte 25 des Gilets Jaunes, cortège syndical, interdictions de manifester dans certains secteurs... A quoi va rassembler la journée du 1er mai, placée sous le signe de la "convergence des luttes" ?

Une "convergence des luttes" pour ce 1er mai ? C'est en tout cas le mot d'ordre chez les manifestants. La Fête du travail, traditionnelle journée de manifestations partout en France, survient cette année dans un climat marqué par des tensions sociales.  A Paris, des collectifs de Gilets jaunes ont d'ores et déjà appelé au rassemblement. Si certains d'entre-eux optent pour une action commune avec les syndicats, d'autres semblent plus méfiants quant à l'efficacité d'une telle alliance, même en ce jour de mouvements sociaux. 

Du côté des autorités, un arrêté d'interdiction de manifester a été publié mardi pour plusieurs secteurs de la capitale. LCI fait le point. 

Un 1er mai "jaune et noir"

"Planifié, non pas un samedi, mais un jour férié, date historique pour les luttes sociales à travers le monde, ce nouveau rendez-vous devrait voir de nouvelles personnes venir collaborer à la chute du système : syndicalistes, écolos, anarchistes mais aussi et surtout des milliers de citoyens anonymes en colère", peut-on lire sur Facebook, dans une publication du groupe de Gilets Jaunes "Cerveaux Non Disponibles". Sur le réseau social, le groupe "Gilet Jaune Demain" a invité à un "rassemblement historique pour la démocratie", dès le mercredi matin au Panthéon. L'événement rassemblait ce lundi 29 avril plus de 13.000 personnes intéressées. 

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Sur les réseaux sociaux, a été lancé un appel à une journée "jaune et noire". Un  événement intitulé "1er mai, acte ultime : Paris, capitale de l'émeute" promet un défilé plus musclé,  en référence aux Black Blocs, entièrement vêtus de noir. Dans une publication Facebook du 6 avril dernier, le groupe Black Bloc France écrivait la chose suivante : "Le 1er mai 2018 à Paris, un imposant Black Bloc se forme avec 1.200 militant-e-s. (...) De nombreux affrontements. Ce jour là, le temps était clément mais il pleuvait des pavés et le feu prenait les rues. Le 1er mai 2019 s'annonce historique. Des têtes vont tomber."

Les syndicats aux côtés des Gilets jaunes

Dans un communiqué commun, les organisations syndicales ont jugé légitimes les revendications exprimées depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes. C'est pourquoi elles ont appelé à manifester à leurs côtés, dans la capitale. La CGT, Force Ouvrière (FO), la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Solidaires et les collectifs étudiants UNL et UNEF se sont donné rendez-vous en début d'après-midi devant la gare Montparnasse et comptent marcher jusqu'à la place d'Italie. Des responsables politiques du Parti communiste et de La France insoumise seront présents dans le cortège. Le Parti socialiste n'a, pour l'instant, donné aucune consigne à ses militants. 

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Cette année, le Rassemblement national ne compte pas défiler comme à son habitude au pied de la statue de Jeanne d'Arc à Paris, mais dans la ville de Metz où Marine Le Pen tiendra un meeting. Dans la capitale, François Asselineau (UPR) jouera les cavaliers seuls en se rendant place de la Nation en début d'après-midi, pour manifester en faveur d'un "Frexit". 

Le climat et Benalla, autres domaines de lutte

Fait inédit cette année, le climat est également au cœur des revendications citoyennes. Le cortège climatique et social a prévu de se retrouver en fin de matinée place du Panthéon, pour rejoindre ensuite la marche syndicale. Des Gilets jaunes ont appelé sur Facebook à y participer. 

Mais ce 1er mai est aussi très symbolique pour les détracteurs de la Macronie, puisqu'il marque le premier "anniversaire" de l'intervention musclée de l'ancien chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla à l'encontre de manifestants sur la place de la Contrescarpe, à Paris. A cette occasion, un "Benalla Bloc", se voulant "festif",  sera présent dans le cortège de tête des syndicats. Sur Facebook, les participants sont invités à se procurer un masque à l'effigie de l'ancien bras droit d'Emmanuel Macron et à le porter dans les rues de Paris. Un "After Manif Benalla" se tiendra en fin de journée place de la Contrescarpe, là où Alexandre Benalla avait molesté des manifestants.

Champs-Elysées et Notre-Dame interdits

Du côté des forces de l'ordre, on se prépare à des éventuels débordements. Le ministre de l'Intérieur a annoncé la mobilisation de 7400 gendarmes et policiers à Paris pour ce 1er mai. Le préfet de police Didier Lallement a pris lundi matin un arrêté de fermeture des établissements installés sur le parcours de la manifestation. Face au risque d'une présence des black blocs, comme le 1er mai 2018 et dont le nombre prévu oscille entre "1000 et 2000" selon Castaner, le préfet de police a publié mardi un arrêté d'interdiction de rassemblement, visant le secteur des Champs-Elysées, de l'Arc de Triomphe, de l'Assemblée nationale et aux abords de la cathédrale Notre-Dame. Un troisième arrêté interdit la détention d'articles pyrotechniques et de substances "dangereuses" aux abords des cortèges.

Dans la lignée des précédentes manifestations des Gilets jaunes, de nombreux contrôles préventifs sont d'ores et déjà prévus dans les gares, les stations de métro ainsi que sur la voie publique. Selon nos informations, les forces de l'ordre surveilleront tout particulièrement les trains et les voitures en provenance de l'étranger. Lors des événements, près d'un millier de policiers seront déployés aux portes de Paris, à proximité des gares, des parkings et des bois parisiens. Quinze commissariats seront dédiés au traitement judiciaire des gardes à vue. 

Que font les politiques ?

Plusieurs figures de La France insoumise, dont le député Jean-Luc Mélenchon et la tête de liste aux Européennes Manon Aubry,  participeront aux défilés à Marseille, mercredi en fin de matinée. D'autres responsables LFI seront présents au départ de la manifestation parisienne, boulevard du Montparnasse, à l'instar du mouvement NPA, du PCF, d'EELV et de LO. 

En outre, le fondateur du FN Jean-Marie Le Pen sera présent en fin de matinée à un rassemblement sur la place des Pyramides, avant d'aller déposer, comme chaque année, une gerbe devant la statue de Jeanne d'Arc.

Manifestations en régions

Mercredi, Paris ne sera pas la seule ville teintée de jaune. Des Gilets Jaunes ont prévu de défiler ailleurs en France, comme à Besançon, où ils seront aux côtés des syndicats. À Lyon, la préfecture du Rhône a interdit l'hyper-centre aux manifestations, tout comme la préfecture du Calvados l'a décidé pour Caen, où seul le cortège déclaré par l'intersyndicale est autorisé à défiler. "Certains préfets ont d'ores et déjà pris des arrêtés pour interdire les manifestations, notamment à Toulouse et Rennes" a annoncé Christophe Castaner ce mardi.

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