Marseille : touchée par un éclat de grenade lacrymogène, une octogénaire décède quelques heures plus tard

Police
DRAME - Une femme de 80 ans, blessée dans son appartement par des éléments d'une grenade lacrymogène tirée lors des incidents qui ont suivi les manifestations organisées le 1er décembre à Marseille, est morte ce dimanche dans le bloc opératoire d'un hôpital marseillais.

Le quartier de Noailles, dans le 1er arrondissement de Marseille, déjà sévèrement touché par l’effondrement de deux immeubles ayant fait huit morts il y a un mois, est de nouveau en deuil. Une habitante âgée de 80 ans est décédée dimanche 2 décembre dans le bloc opératoire de l’hôpital de la Conception, où elle avait été transportée la veille. Une autopsie a lieu ce lundi pour déterminer les circonstances exactes de sa mort, qui pourrait bien être liée aux manifestations des Gilets jaunes samedi.

Grenade lacrymogène ou traitement médical ?

Selon nos informations, quelque 300 belligérants affrontaient les forces de l’ordre pile sous les fenêtres de cette femme, née en 1938. Des échauffourées qu’elle a regardées depuis son balcon, au 4e étage. "La dame était en train de fermer ses volets pour éviter les fumées de bombes lacrymogènes et en a reçu une en pleine face", a assuré à l'AFP Salim Moussa, avocat d'une amie de la victime qui habite l'immeuble en face, dans ce quartier de Noailles, situé en plein centre-ville.

"On a retrouvé chez elle des plots de grenades, éléments constitutifs des grenades utilisées par les forces de l'ordre. D'après les premiers éléments, la grenade aurait explosé en l'air et l'octogénaire aurait été touchée au visage alors qu'elle fermait ses volets. L'explosion de la grenade a causé des blessures dans un premier temps samedi, ce qui a conduit à son hospitalisation, puis au décès au bloc dimanche", confirme à LCI une source judiciaire.

Une dame "à la santé fragile"

Lesdits "plots" proviennent de grenades lacrymogènes de type MP7 Cougar, soit celles utilisées par les policiers. Le procureur de la République à Marseille, Xavier Tarabeux, indique toutefois que l’octogénaire, "à la santé fragile" selon Me Salim Moussa, est vraisemblablement décédée "d'un choc opératoire", c’est-à-dire du choc directement causé par son opération.

L’IGPN (inspection générale de la police nationale, ou"police des polices") a donc été saisie pour enquêter sur tout cela, et ainsi répondre au souhait formulé par Me Salim Moussa de comprendre "si c'est la bombe lacrymogène ou le traitement médical" administré qui a se trouve à l'origine du décès, potentiellement le 4e  lié au mouvement des Gilets jaunes.

"Noailles en colère"

Pour mémoire, des incidents violents avaient éclaté samedi 1er décembre sur le Vieux-Port, puis sur la Canebière, après une journée marquée par plusieurs manifestations dans la cité phocéenne, à l'appel des Gilets jaunes, mais aussi de la CGT et du collectif "Noailles en colère", né après la mort de huit personnes dans l'effondrement des deux immeubles début novembre. 

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