Meurtre de Sarah Halimi : "des raisons plausibles" de conclure à l'irresponsabilité pénale du suspect

Police
HOMICIDE A BELLEVILLE - Le meurtrier présumé de la sexagénaire juive tuée en 2017 pourrait bénéficier d'un non-lieu. Les juges estiment qu'il y a des "raisons plausibles" de conclure à une abolition du discernement.

Le meurtrier présumé de Sarah Halimi pourrait éviter le procès. Ce vendredi une source judiciaire a annoncé à l'AFP que les juges d'instruction, en charge de l'enquête sur le meurtre de cette sexagénaire juive, estiment qu'il y a des "raisons plausibles" de conclure à l'irresponsabilité pénale du suspect.


Comme le prévoit la procédure, les juges ont saisi la chambre de l'instruction qui devra apprécier les "suites médicales et juridiques" à donner à ce dossier, a expliqué une source proche du dossier. Les juges écarteraient également "la circonstance aggravante du caractère antisémite" du meurtre.

En mars 2019, une troisième expertise psychiatrique avait conclu à l'irresponsabilité de Kobili Traoré au moment du meurtre de sa voisine, en avril 2017. Les parties civiles redoutent qu'il bénéficie d'un non lieu, alors que le parquet de Paris avait réclamé son renvoi devant une cour d'assises pour "homicide volontaire" à caractère antisémite.

Le meurtrier pris d'une "bouffée délirante"

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d'une "bouffée délirante", selon les experts, s'était introduit chez sa voisine Lucie Attal - aussi appelée Sarah Halimi - au troisième étage d'un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l'appartement d'autres voisins. 


Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, ce jeune musulman l'avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.


Cette affaire avait relancé le débat sur l'antisémitisme dans certains quartiers populaires sous l'effet d'un islam identitaire, controverse qui sera ravivée un an plus tard par le meurtre d'une octogénaire juive à Paris, Mireille Knoll. Lors de la cérémonie 2017 de la Rafle du Vel d'Hiv, en présence de Benyamin Netanyahu à Paris, en 2017, le président Emmanuel Macron s'était référé à cette affaire, appelant la justice à "faire toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi".

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