Meurtre de Vanille : l'avocate de la mère met en cause le département, qui dénonce des propos "indécents"

Meurtre de Vanille : l'avocate de la mère met en cause le département, qui dénonce des propos "indécents"
Police

POLÉMIQUE - Dans un entretien au "Courrier de l'Ouest", l'avocate de la mère de la petite Vanille, tuée à 1 an, pointe des dysfonctionnements de l'Aide sociale à l'enfance. Le président du conseil départemental a vivement réagi.

Des propos qui ne passent pas. Alors que Nathalie Stephan, maman de la petite Vanille, retrouvée morte dans un conteneur à vêtements, a été placée en détention pour le meurtre de sa fille, son avocate, Me Olivia Brulay évoque l'état d'esprit de sa cliente dans le Courrier de l'Ouest. Et revient sur les raisons qui, selon elle, expliquent ce geste. L'avocate évoque notamment le refus de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) de maintenir Nathalie Stephan dans ce centre maternel. Le département du Maine-et-Loire lui, dénonce "des propos indécents". 

Me Brulay décrit une mère "dévastée"

Pour Me Brulay, qui suit Nathalie Stephan depuis neuf mois, la mort de la petite Vanille laisse sa mère, "dévastée". "Elle est en état de choc, elle ne réalise pas ce qui s'est passé (...) elle garde le silence", explique l'avocate. Pour elle, la décision de signifier à Nathalie Stephan son départ du centre maternel d'Angers en décembre dernier, l'a laissée dans un "immense sentiment d'abandon et d'isolement". 

Pire encore, "cela l'a replongée dans son enfance compliquée (...) une famille disloquée", dit-elle. Nathalie Stephan aurait vécu cette annonce du départ du centre, prévu pour le 10 février, comme "une double peine : elle perdait son toit et donc ses droits sur sa fille". Et selon l'avocate, c'est l'Aide sociale à l'enfance, dépendant du Département, qui a refusé de prendre en charge plus longuement sa cliente. "Les professionnels du centre souhaitaient qu'elle soit maintenue, dit-elle. Mais les services de l'ASE l'ont refusé pour des raisons économiques et budgétaires". D'après l'avocate, la situation "hors cadre" de Madame Stephan a fait que le service de l'enfance, finançant déjà "la famille d'accueil de Vanille, n'a pas voulu financer en plus, son maintien dans le centre". 

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Des accusations que réfute le président du Département, Christian Gillet, présent aux côtés du procureur lors des précédentes conférences de presse. Pour lui, ces propos "sont indécents dans ce contexte de deuil". "Les services de l'Aide sociale à l'enfance ont maintenu Mme Stephan au centre maternel pendant neuf mois à titre dérogatoire, précisément pour tenir compte de sa fragilité et des démarches de relogement en cours. Aucune contingence financière n'a prévalu dans quelque décision que ce soit. Ces dispositions dérogatoires ont toujours été dictées par l'intérêt premier de Vanille, qui était elle-même placée depuis mai 2019 en famille d'accueil", se défend-il. 

Pour lui, "rien ne laissait présager dans l'observation quotidienne du comportement de Mme Stephan que la perspective d'un changement d'hébergement, dont elle avait été informée dès avril 2019, constituerait un tel facteur de déstabilisation, d'autant plus que des solutions alternatives au centre maternel lui étaient offertes". 

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