Meurtres à l'arbalète en Allemagne : un pacte suicidaire sur fond d'imagerie médiévale ?

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ENQUÊTE - Après la découverte de cinq décès mystérieux en Allemagne, dont trois causés par un tir d'arbalète, la police explore la piste sectaire et se demande si les victimes, passionnées d'imagerie médiévale, n'étaient pas liées par un pacte suicidaire.

L'affaire des meurtres à l'arbalète qui secoue l'Allemagne soulève plus de questions qu'elle n'offre de réponses. Les enquêteurs allemands, après avoir mis au jour cinq décès mystérieux, dont trois causés par un tir d'arbalète, explore la piste sectaire d'un pacte suicidaire. Les victimes semblent d'ores et déjà liées par une passion commune pour l'imagerie médiévale.


Cinq corps ont été retrouvés à deux endroits différentes. Trois victimes - deux femmes et un homme - tuées par des carreaux (munitions, ndlr) d'arbalète ont été découvertes dans une auberge de Passau, en Bavière, et deux autres cadavres de femmes ont été trouvées dans l'appartement d'une des trois premières victimes, à plus de 600 km au nord, à Gifhorn en Basse-Saxe.

Passionnés par l'imagerie médiévale

Selon plusieurs médias, la plupart des victimes étaient liées par leur passion pour l'imagerie médiévale et l'alchimie. L'homme de 53 ans retrouvé mort avec plusieurs carreaux d'arbalètes dans le crâne et le corps, identifié comme Torsten W., tenait ainsi la boutique médiévale "Milites Conductius" à Hachenburg en Rhénanie-Palatinat. Il y vendait des poignards et épées du Moyen-Age, des casques d'armure, ainsi que de l'hydromel, une boisson ancestrale réputée "nectar des dieux".


Cet homme à la longue barbe blanche, porteur de piercings, organisait également, le soir, des séances de combat à l'épée. Sur les bras, il s'était fait tatouer des symboles des alchimistes, un mouvement ésotérique vivace au Moyen-Age et prétendant à la transmutation des métaux. Les victimes étaient également membres, selon le journal allemand Bild, d'une ligue de tournois de chevaliers et de combats de joute, qui a tenté, en vain selon un de ses membres, de professionnaliser ce type de rencontres. 

La piste du suicide

Deux des trois victimes retrouvées dans l'auberge de Passau ont été tuées d'un carreau d'arbalète dans le coeur, selon les résultats préliminaires des autopsies communiqués mardi par la police bavaroise. Il s'agit de l'homme de 53 ans et d'une femme de 33 ans, tous deux allongés sur un lit, main dans la main et vêtus de noir. D'autres carreaux ont ensuite été tirés post-mortem, dont certains dans la tête, probablement par la troisième victime, une femme de 30 ans, Farina C., qui se serait ensuite suicidée à l'arbalète en se tirant un carreau dans le cou.


Les testaments des deux victimes allongées sur le lit ont aussi été retrouvés dans la chambre de l'auberge, selon la presse locale. "Aucun élément ne montre qu'il ait pu y avoir une dispute entre les personnes présentes" dans la chambre, a précisé la police bavaroise mardi, suggérant ainsi que la thèse d'un pacte suicidaire entre les personnes était la plus probable. "Des examens pour déceler la prise éventuelles de médicaments, d'alcool ou de stupéfiants ont été diligentés", a-t-elle ajouté. 


Les enquêteurs examinent aussi un pickup blanc, un archer dessiné dessus, à bord duquel les trois personnes étaient arrivées à l'auberge, depuis l'Autriche où selon le parquet, elles se seraient procuré les arbalètes. Elles avaient réglé en espèces trois nuits. C'est une femme de chambre qui a découvert samedi matin les trois corps.


Les résultats des autopsies des deux autres victimes, retrouvées à 600 km plus au nord chez Farina C., ne sont pas encore connus, mais elles n'ont pas été tuées à l'arbalète, selon les enquêteurs, et il n'y avait pas de traces de violence. Âgées de 

35 ans, il s'agit selon la police d'une institutrice et de la compagne de Farina C. retrouvée à Passau. L'autre femme décédée est une jeune boulangère de 19 ans.

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