Mort de Cédric Chouviat après une interpellation : son père demande l’interdiction du plaquage ventral

Mort de Cédric Chouviat après une interpellation : son père demande l’interdiction du plaquage ventral
Police

POLÉMIQUE - Christophe Castaner doit recevoir mardi 14 janvier la famille de Cédric Chouviat, mort après une interpellation musclée par la police. Le père de la victime compte demander au ministre de l'Intérieur l'interdiction du plaquage ventral, une technique d'immobilisation décriée car qualifiée de dangereuse.

Depuis la mort de Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans décédé après un contrôle policier vendredi 3 janvier à Paris, la controverse sur le plaquage ventral est de retour. Cette technique policière, qui consiste à immobiliser une personne en la plaquant ventre au sol, parfois avec une clé de bras ou un menottage dans le dos, fait depuis longtemps l’objet de vives critiques. La Suisse et la Belgique l’ont par exemple interdite, mais pas la France.

Christian Chouviat, le père de Cédric, voudrait que cela change. Mardi 14 janvier, il compte donc profiter de son entretien avec Christophe Castaner pour demander au ministre de l’Intérieur une interdiction formelle, comme le révèle Mediapart. "Je n’attends pas grand-chose du ministre qui est dans le déni des violences policières, a déclaré auprès du média en ligne Christian Chouviat. Mais je vais m’adresser au père de famille et lui demander s’il trouve normal qu’un fils qui part le matin au travail, ne rentre pas le soir parce que les policiers l’ont tué ?"

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Au moment de l’intervention des pompiers, Cédric Chouviat était déjà en état de mort cérébrale, faute d’oxygène. Les premiers résultats d’autopsie ont ensuite révélé une asphyxie avec fracture du larynx. "Une mort atroce et extrêmement violente", ont commenté les avocats de la famille, qui dénoncent une "bavure policière".

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Déjà plusieurs victimes

Comme le rappelle Mediapart, le livreur n’est pas la première victime du plaquage ventral. Adama Traoré était déjà mort étouffé sous le poids de trois gendarmes, en 2016. Bien avant cela, en 1998, il y avait déjà eu la mort de Mohamed Saoud, qui avait valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2007. En 2018, la France avait de nouveau été condamnée pour le décès dans des conditions similaires d’Ali Ziri. 

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Depuis des années, Amnesty International alerte sur le danger que représente le plaquage ventral. L’association Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) livre le même combat, et milite elle aussi pour une interdiction. 

Pour l’instant, la technique est seulement strictement encadrée, par une circulaire de 2008 complétée en 2015. Le texte indique que "la compression - tout particulièrement lorsqu'elle s'exerce sur le thorax ou l'abdomen - doit être la plus momentanée possible et être lâchée dès que la personne est entravée par les moyens réglementaires et adaptés". Le 8 janvier, Christophe Castaner a déclaré attendre la fin de l’enquête sur la mort de Cédric Chouviat pour éventuellement reconsidérer la pratique du plaquage ventral. “S’il est établi qu’une technique, quelle qu’elle soit, et je ne suis pas dans l’affirmative, peut générer la mort d’un homme, évidemment nous étudierons la question de suspendre cette technique”, a-t-il déclaré.

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