Mort de Steve Maia Caniço : la cheffe de l'IGPN réfute avoir "dédouané la police"

Police
JUSTICE - L'enquête administrative de l'IGPN sur l'intervention controversée des forces de l'ordre à Nantes n'a pas "dédouané la police", a assuré sa directrice ce samedi.

Brigitte Jullien l'assure : le rapport "n'a pas été écrit sur un coin de table". Après plusieurs jours de polémique, la patronne de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est sortie du silence ce samedi. Sur le site de l'Obs, elle estime que l'enquête administrative sur l'intervention controversée des forces de l'ordre le soir de la Fête de la musique à Nantes n'a pas "dédouané la police".


"Nous n'avons pas dédouané les forces de police, c'est ce que l'on entend en boucle depuis des jours, mais c'est faux", a déclaré à l'Obs Brigitte Jullien. "Les gens attendaient absolument une condamnation de la police, aucune autre réponse n’était entendable à ce moment-là", a-t-elle poursuivi.

Pas de lien entre l'action des forces de l'ordre et la disparition

"Une enquête judiciaire a été ouverte (...). Les témoins seront interrogés. L'enquête administrative n’a pas cette fonction", a justifié David Chantreux, chef de l’unité de coordination des enquêtes de l'IGPN, également interviewé par l'Obs. "L'enquête administrative est centrée sur l'action des agents de l'administration (...). Les agents n'ont pas d'autorité pour entendre d'autres personnes", a-t-il ajouté.


Selon une synthèse rendue publique mardi, le rapport de la "police des polices" n'a pu établir de lien entre l'action des forces de l'ordre le soir du 21 juin quai Wilson à Nantes et la disparition dans le même secteur de Steve Maia Caniço, dont le corps a été retrouvé lundi dans le fleuve. 


Le document suscite depuis de vives critiques et interrogations, tant chez l'avocate de la famille du jeune homme que chez des responsables politiques ou des participants à cette soirée, dont aucun n'a été auditionné dans cette procédure. La synthèse du rapport de l'IGPN affirmait pourtant qu'"aucune des personnes repêchées par les sauveteurs n'avait déclaré avoir été poussée par l'action de la police à se jeter, et aucune n'avait imputé sa chute à cette action".

En hommage au jeune homme, plusieurs rassemblements ont eu lieu ce samedi en France. Et notamment à Nantes, où plusieurs centaines de manifestants de tous âges ont défilé vers la préfecture puis vers la cathédrale et le château, dans un face à face tendu avec les forces de l'ordre. Gaz lacrymogène et canon à eau ont répliqué à des jets de projectiles et départs de feu. Plusieurs barricades ont été dressées et des vitrines brisées. 

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