Mort de Victorine en Isère : les zones d'ombre de l'enquête

Mort de Victorine en Isère : les zones d'ombre de l'enquête
Police

MEURTRE - Près de trois semaines après la mort de la jeune Victorine Dartois, à Villefontaine, en Isère, le principal suspect est passé aux aveux mais continue de nier tout mobile sexuel.

Sa version des faits est loin de convaincre les enquêteurs. Vingt-et-un jours après la mort de Victorine Dartois, jeune étudiante de 18 ans dont le corps sans vie a été découvert dans un ruisseau près de Villefontaine (Isère), le principal suspect a été mis en examen jeudi à Grenoble pour meurtre précédé d'une tentative de viol. Ludovic B. avait été interpellé par le GIGN mardi à Villefontaine grâce au signalement d'un proche à qui il se serait confié. L’homme a avoué une partie des faits mais de nombreuses zones d'ombres persistent notamment en ce qui concerne le mobile.

Au cours de sa garde à vue, le suspect a déclaré aux enquêteurs qu’"il aurait vers 19h croisé par hasard Victorine alors qu'il pratiquait un footing" ce samedi 26 septembre, tandis que l'étudiante en BTS communication rentrait au domicile familial à pied, ayant raté son bus après une après-midi de shopping avec des amis. A l'entendre, "il y aurait eu dispute après une bousculade involontaire, il aurait paniqué, lui aurait serré le cou et aurait ensuite déposé le corps inanimé dans le torrent", a exposé devant la presse le procureur de la République adjoint de Grenoble Boris Duffau.

Le suspect nie tout mobile sexuel

Ce gérant d'entreprise, qui a déjà été condamné à une dizaine de reprises pour des faits de petite délinquance mais sans passer par la prison, serait ensuite rentré chez lui, aurait mis ses vêtements dans un sac et aurait ensuite pris une douche. Ces habits ont été retrouvés par les enquêteurs. L'homme a été mené mercredi sur les lieux des faits où des vérifications ont permis d'"accréditer une partie de ses déclarations", a souligné le procureur de la République adjoint de Grenoble.

Lire aussi

Les conclusions de l'autopsie qui mentionnent des ecchymoses au niveau du cou confirment l'étranglement, et la mort par noyade. Toutefois, malgré un pantalon retiré et retrouvé à proximité du corps de la jeune femme, le suspect, qui aurait agi seul, "nie tout mobile sexuel". Père d'un enfant de 6 mois, le suspect habite dans le quartier des Fougères, à Villefontaine, à environ 800 mètres du domicile des parents de Victorine. Mais il affirme qu’il ne connaissait pas la victime. 

On a des déclarations parcellaires, qui posent des question.- Me Kelly Monteiro, l’avocate de la famille Dartois.

La famille de Victorine, "soulagée" de cette arrestation, est maintenant en proie à "la colère" après ces aveux car "tout laisse à penser que le mobile est sexuel", a déclaré devant la presse Me Kelly Monteiro, l’avocate des Dartois. "On n'étrangle pas une jeune fille parce qu'on l'a bousculée" d'autant que Victorine, jeune fille "gentille et pas agressive" ne se serait "pas emportée" pour un geste involontaire. 

Interrogée sur la proximité du suspect avec la famille, l’avocate de la famille Dartois a indiqué que le mis en examen était "absolument inconnu, son nom n'évoque rien à la famille", seule une des sœurs de Victorine "pense avoir été en classe de primaire avec son frère". "On a des déclarations parcellaires, qui posent des questions", a-t-elle ajouté. Le voile n'a pas été complètement levé sur les circonstances de ce meurtre et "l'enquête est loin d'être terminée", estime le procureur de la République adjoint de Grenoble Boris Duffau, car la mise en examen comporte aussi les chefs d'"enlèvement et séquestration"

En vidéo

Mort de Victorine : "Il n'y a pas de mot, c'est dramatique", le choc d’une des voisines du suspect

On ne sait pas tout. Il doit y avoir autre chose pour qu’il y ait eu un tel déchaînement de violence.- Un habitant de Villefontaine.

Jeudi dans la soirée, le suspect a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Les faits pour lesquels il est poursuivi lui font encourir la réclusion criminelle à perpétuité. "Jusqu'à sa condamnation, il reste présumé innocent", a tenu à rappeler le procureur Eric Vaillant, regrettant des fuites dans la presse survenues pendant la garde à vue qui l'ont "clairement gêné".

La disparition et la mort de la jeune fille avait provoqué une forte émotion à Villefontaine et alentours. Près de 6.000 personnes lui avaient rendu hommage lors d'une marche blanche le 4 octobre. Trois jours plus tard, plus d'un millier de personnes avaient également assisté à ses funérailles à Bourgoin-Jallieu, pour soutenir ses parents, ses deux sœurs et son frère. D'après Le Parisien, le suspect aurait participé à la marche blanche en hommage à Victorine.

Toute l'info sur

Le 20h

Dans la petite commune de l'Isère, l'incompréhension a désormais laissé place à l'effroi depuis les aveux du principal suspect. "La version qu’il donne aux enquêteurs n’est pas crédible", estime une habitante du quartier, qui témoigne à visage couvert. "On ne sait pas tout. Il doit y avoir autre chose pour qu’il y ait eu un tel déchaînement de violence", avance un autre. A Villefontaine, pour beaucoup, "[la jeune Victorine] est déjà au paradis", confie le père Stéphane Simon, prêtre de la paroisse catholique des quatre vents.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Des médecins réclament un couvre-feu à 19h et un confinement le week-end

"Nous avons perdu la maîtrise" de l'épidémie, alerte l'infectiologue Karine Lacombe

Caricatures, loi sur le voile, mise à l'honneur d'Israël... quand la France est visée par un boycott

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 52.000 nouveaux cas en 24 heures, nouveau record quotidien

Sept personnes arrêtées après un incident à bord d'un pétrolier au large de l'Angleterre

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent