Hauts-de-Seine : un gardien de la paix met fin à ses jours sur son lieu de travail

Hauts-de-Seine : un gardien de la paix met fin à ses jours sur son lieu de travail
Police

FAIT DIVERS –Un fonctionnaire de police a mis fin à ses jours dans la nuit de dimanche à lundi sur son lieu de travail à la Direction territoriale de la sécurité de proximité - Hauts-de-Seine (DTSP) à Nanterre. Dans des lettres retrouvées sur place, ce gardien de la paix marié et père de famille évoquerait un"malaise dans la police".

C’est dans la salle du Centre d'information et de commandement de l'état-major des Hauts-de-Seine où il travaillait depuis des années qu’il a mis fin à ses jours. Dans la  nuit de dimanche à lundi, ce gardien de la paix né en 1980, marié et père de deux jeunes enfants, s’est donné la mort avec son arme de service. Il était deux heures du matin environ. 

"Plusieurs lettres ont été retrouvées, pour son épouse et ses enfants, pour ses collègues et pour sa hiérarchie. Il y serait fait état du malaise dans la police et du mal-être policier en général", indiquent plusieurs sources à LCI.  

C’est la préfecture de police de Paris qui, tôt ce lundi, avait annoncé ce décès dans un tweet, sans préciser qu’il s’agissait d’un suicide.

Devant les bureaux de la direction

Plusieurs sources policières font savoir que le père de famille a mis fin à ses jours "devant les bureaux des directeurs". 

Dans un post Facebook, le Collectif autonome des policiers Ile-de-France précise que ce gardien de la paix s’appelait Rémy
et qu’il était " installé à son pupitre du 9-2 depuis huit ans". "Cette nuit, vers 2 heures, il a quitté son pupitre, a pris une chaise qu'il a installée à proximité des bureaux des autorités #DTSP92, détaille le collectif dans son message. Il s'est assis sur cette chaise, puis dans ses pensées et un dernier regard qu'il a pu adresser, il a retourné son arme de service contre lui. L'opérateur radio a pris cette lourde décision d’agir ainsi, dans un message que l'on devine... Sur son pupitre, il avait inscrit son souhait de ne pas être ranimé".

Le collectif précise que la victime était un "collaborateur hors-pair qui faisait la joie de bosser aux effectifs tenue et baqueux". "Motivé, volontaire, courageux, allant de l'avant, prêt à se démener pour le bien de la collectivité, c'est ainsi que Rémy, sous-brigadier d'une quarantaine d'années et vrai flicard, a tiré sa révérence, nous laissant dans la peine, l'incompréhension, le désarroi, la colère", peut-on également lire dans ce message. 

En septembre dernier, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait annoncé la mise en place d'un nouveau numéro vert pour lutter contre la vague de suicides qui sévit dans les rangs policiers.

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Christophe Castaner donne les détails de la cellule prévention suicide

Ce numéro unique d'appel permettra aux fonctionnaires de la police nationale d'avoir un accès "anonyme, confidentiel et gratuit, 24H/24 et 7 jours sur 7 aux psychologues de la plateforme", a souligné la Direction générale de la police nationale (DGPN). Géré par des prestataires externes, il est mis en oeuvre dès ce lundi en complément de celui du service de soutien psychologique opérationnel de la police, mis en service fin juin.

"Il n'y a pas de honte à connaître une fragilité", avait alors relevé le ministre, en marge d'une réunion à Paris avec les services en charge du programme de mobilisation contre les suicides dans la police. "Dans la police, être fort, c'est cacher sa faiblesse. C'est une vraie erreur", avait-il fait valoir. 

Depuis le début de l'année, plus de 50 agents de la police nationale ont mis fin à leurs jours, un bilan déjà bien plus élevé qu'en 2018, année au cours de laquelle 35 fonctionnaires s'étaient suicidés. 

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