"On est dans un pays de droit ou pas ?" A Dijon, la colère des riverains suite aux violences

"On est dans un pays de droit ou pas ?" A Dijon, la colère des riverains suite aux violences
Police

TENSIONS - Depuis quatre jours, l'agglomération dijonnaise est le théâtre d'une scène de guérilla urbaine. Une situation qui inquiète les riverains, d'autant plus que cette image ne reflète pas celle de leur quartier.

Ce lundi, pour la quatrième soirée consécutive, des violences ont éclaté à Dijon. Les forces de l'ordre ont dû disperser un attroupement d'hommes cagoulés et armés voulant défendre leur quartier après trois expéditions punitives "totalement inédites" menées par des membres de la communauté tchétchène au cours du week-end. Mais selon les riverains, la police serait intervenue un peu tard. Une passivité rejetée par le préfet de Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz qui a assuré que "les populations n'ont en aucun cas été abandonnées"

Pour autant, c'est l'exaspération qui prévaut parmi la population, à l'image de Daniel qui a vu sa voiture brûler en bas de chez lui, dans le quartier du Mail à Chenôve, au sud de la ville, où 18 véhicules ont été incendiés dans la nuit de lundi à mardi : "Je suis en colère, très très en colère. Le volet de ma fenêtre a tenu, le double-vitrage aussi. Par contre avec la fumée, si je ne m'étais pas réveillé, je serais mort asphyxié", avance-t-il, amer. 

Lire aussi

Ils font ce qu'ils veulent. Il y a des courses de motos, de quads, de bagnoles ; ça roule à 90, 100 km/h, voilà c'est notre quotidien.- Daniel, habitant du quartier des Grésilles

Il faut dire que cette commune a déjà connu plusieurs mois de violences urbaines l'an dernier, car ici les trafiquants de drogue côtoient les habitants. "Ils font ce qu'ils veulent. Il y a des courses de motos, de quads, de bagnoles ; ça roule à 90, 100 km/h, voilà c'est notre quotidien", poursuit Daniel. "On vit dans l'horreur. De toute façon, on est obligé de rester, les appartements sont invendables", enchaîne une habitante.

Même constat, dans le quartier sensible des Grésilles, où les habitants ont à nouveau mal dormi la nuit dernière. "On n'a pas le choix, on subit comme tout le monde", constate une riveraine. Une autre confie sa peur, finalement apaisée avec l'arrivée du Raid. Mais pour certains, ces renforts auraient dû être présents dès le début du week-end. 

"Trois jours avant de réagir !", souligne un commerçant, à bout. "On ne peut pas débouler à 300 personnes, accompagné par des escortes de police, et rentrer dans un quartier faire ce qu'on veut, tabasser tout le monde et s'en aller. Ce n'est pas possible, c'est inadmissible. Le minimum c'est qu'on vous assure une sécurité, on est dans un pays de droit, ou pas ?", s'interroge-t-il.

Toute l'info sur

Le 13h

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a promis ce mardi "une réponse extrêmement ferme" et a annoncé un nouveau renforcement du dispositif avec plus de 150 policiers ou gendarmes mobilisés pour la nuit à venir. "Je comprends que la population ait été traumatisée par ces faits". Les Dijonnais ont "droit à la sérénité, tranquillité et sécurité", a-t-il insisté laissant entendre que l'enquête progressait. "Il y a des pistes", a-t-il assuré.

Une déclaration qui devrait rassurer les riverains, car même si les incendies de voitures sont fréquents dans ce quartier dijonnais, la situation n'avait jamais atteint un tel degré de violences, et ne reflète heureusement pas leur quotidien. "C'est un quartier quand même paisible, on a tout à proximité", rappelle une habitante. Quand une autre déplore la mauvaise image que ces violences renvoient de son quartier. Beaucoup espèrent que la soirée à venir, et toutes les autres, retrouveront le calme tant espéré. A l'image du quartier qu'ils connaissent.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent