Pantin : des centaines de personnes rassemblées en hommage à la directrice d’école qui s’est suicidée

Police

HOMMAGE - La directrice d'une école de la commune de Pantin, en Seine-Saint-Denis, a été retrouvée morte le 23 septembre. Un suicide, motivé par les conditions de travail de plus en plus dégradées au fil des années, comme elle l'a expliqué dans une lettre.

Elle avait tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises. Confrontée à la dégradation des conditions de travail au sein d'une l'école maternelle de Pantin, dont elle était la directrice, une femme de 58 ans a décidé de se donner la mort lundi 23 septembre. Très investie, Christine avait dénoncé, en vain, la situation au sein de l'établissement scolaire de Seine-Saint-Denis qui abrite 300 enfants. Ce jeudi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans la cour de l'école maternelle pour lui rendre hommage.

Directeurs d'école, enseignants, parents d'élèves, élus ou syndicalistes se sont rassemblés à la sortie des classes. Certains, les yeux rougis, ont déposé des fleurs blanches près du hall où le corps de la directrice a été découvert. "L'Education nationale, le ministre, doivent urgemment prendre acte du geste désespéré de notre collègue et réagir en conséquence", a déclaré au micro une directrice d'école, s'exprimant au nom de ses collègues. Son geste "est révélateur de la souffrance au travail partagé par l'ensemble des personnels", a-t-elle ajouté. "Christine, même si c'est trop tard, on t'a entendue et on ne t'oubliera  pas !", a-t-elle lancé des larmes dans la voix.

"Les directeurs sont seuls !"

Un geste qui a fait suite à la tension grandissante subie par la directrice d'école. "Depuis quelques années, dans les réunions de directeurs, on la sentait de plus en plus amère et en colère", a témoigné auprès du Monde une directrice d’école de Pantin. 

Peu avant de mettre fin à ses jours, la fonctionnaire de 58 ans a envoyé un courrier aux autres directeurs des établissements de la ville, où elle travaillait depuis près de 30 ans. "Les directeurs sont seuls !", écrit-elle. 

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Christine fait part de son "épuisement" face au manque de soutien de la part de l'Etat, du rythme scolaire des enfants, ou encore des pratiques "chronophages". "Ce qu'elle décrit, c'est notre quotidien, c'est toutes les tâches qu'on n'arrive pas à mener à bien, parce qu'on croule sous le travail", a dit une directrice d'école, qui souhaite rester anonyme. "Nos conditions de travail se dégradent", ajoute-t-elle, en dénonçant des "injonctions contradictoires" de l'Education nationale. "On entend notre hiérarchie dire une chose et l'année d'après l'inverse, au fil des réformes, des changements de majorité". "Elle a relaté tout ce qu'on vit", ajoute Corinne Duro, directrice d'une école maternelle et enseignante dans le 93 depuis 30 ans.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer qui est venu rencontrer les équipes sur place jeudi, a exprimé dans un tweet "sa profonde tristesse" et indiqué avoir missionné l'Inspection générale. La suppression des contrats aidés au début du quinquennat d'Emmanuel Macron et l'accroissement de nouvelles demandes institutionnelles faites aux écoles ont rendu leur quotidien encore plus difficile, explique le syndicat de enseignants SE-Unsa.

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