Occupation de sans-papiers et interpellations musclées : que s'est-il passé au Panthéon ?

Police
FAIT DIVERS - Plusieurs dizaines de "migrants", "sans-papiers", et "locataires de la rue" ont occupé vendredi après-midi le Panthéon, dans le 5e arrondissement de Paris. Ils demandaient un rendez-vous avec le Premier ministre, Edouard Philippe, afin de réclamer leur régularisation. Ils ont été évacués en fin d'après-midi mais ils sont restés groupés devant l'édifice. Des tensions ont éclaté en début de soirée.

C'est une action choc qui s'est déroulée en quelques minutes. Jeudi, en début d'après-midi, plusieurs dizaines de personnes se présentant comme des "immigré.Es sans-papiers, habitant.es des foyers, locataires de la rue" ont investi le Panthéon afin d'exiger un rendez-vous avec le Premier ministre Edouard Philippe. 


Dans un communiqué, ceux qui se sont rebaptisés les "Gilets noirs" demandent notamment "un toit pour tous" et l'abolition des centre de rétention pour les étrangers. Un collectif qui s'était déjà illustré avec l'occupation, en juin, du siège du groupe Elior, dans le quartier d'affaires de La Défense. En mai, il avait également investi le terminal 2F de l'aéroport de Roissy pour dénoncer les expulsions.  

Les occupants ont indiqué qu'ils entendaient rester "jusqu'à ce que le dernier" d'entre eux "aie des papiers". "A partir de maintenant, ici, c'est une base pour tous les sans-papiers de France", a également lancé un militant à l'intérieur du monument, comme on pouvait l'entendre dans le Facebook Live ouvert sur le compte Facebook du collectif "La Chapelle Debout". 


Selon nos informations, ce collectif milite pour réclamer la régularisation de tous les migrants. Près de 400 personnes étaient par ailleurs rassemblées devant le Panthéon. 

Le Panthéon évacué

Les sans-papiers et les membres du Collectif La Chapelle Debout ont multiplié les interventions au micro tout au long de l'après-midi. Aux alentours de 16h30, les premières sommations des forces de l'ordre sont tombées. Rapidement, les "Gilets noirs" ont décidé de sortir collectivement.

37 interpellations en soirée

Le Collectif La Chapelle Debout a annoncé sur Twitter que les occupants avaient été "poussés à l'extérieur par l'arrière", appelant "au rassemblement". Peu avant 17 heures, la préfecture de police a annoncé sur les réseaux sociaux que l'évacuation par les forces de l'ordre était terminée. 


Des tensions étaient toutefois signalées peu après 19 heures, la police ayant procédé à 37 interpellations sur la place lors de contrôles d'identité. Sur Twitter, le Premier ministre Edouard Philippe a condamné l'occupation du monument : "La France est un État de droit, dans tout ce que cela implique : respect des règles qui s'appliquent au droit au séjour, respect des monuments publics et de la mémoire qu'ils représentent", a-t-il déclaré. 

Selon nos informations, deux policiers et dix manifestants ont été légèrement blessés lors d'un mouvement de foule, certains sans-papiers ayant tenté de prendre la fuite lors de ces contrôles d'identité. 

Aux alentours de 21 heures, le calme est revenu dans le quartier du Panthéon. Plusieurs personnes se sont rassemblé devant le commissariat central du 5 ème arrondissement où des gilets noirs interpellés auraient été emmenés. 

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