Pédocriminalité en ligne : l'homme interpellé en Gironde est "une des dix cibles prioritaires mondiales"

Pédocriminalité en ligne : l'homme interpellé en Gironde est "une des dix cibles prioritaires mondiales"
Police

FAIT DIVERS – Un père de famille âgé de 40 ans, soupçonné d'avoir animé des sites pédopornographiques accessibles à des milliers de personnes sur le darknet a été interpellé le 7 juillet dernier près de Bordeaux (Gironde). Le suspect est aussi soupçonné de viols sur mineurs.

"Une des dix cibles prioritaires mondiales", une personne "dans le Top 10 des pédophiles [sic] les plus recherchés au monde". C'est en ces termes que magistrats et enquêteurs désignent l'homme âgé de 40 ans interpellé le 7 juillet dernier en Gironde. 

Ce dernier est  soupçonné d'avoir animé des sites pédopornographiques accessibles à des milliers de personnes sur le Darknet. Voici ce que l'on sait de ce suspect, une semaine après son interpellation, annoncée lundi 13 juillet par le parquet de Bordeaux.

Marié, père de famille

C'est à son domicile de Frontenac, à l'est de Bordeaux que le suspect a été interpellé mardi 7 juillet 2020

Marié et père trois enfants, Mathieu D. 40 ans aujourd'hui était jusque-là inconnu de la police et de la justice.  Cet audidacte de l'informatique, cantonnier travaillant sur "trois ou quatre communes proches" environ 40 heures par semaine, il se livrait à ses activités parallèles le plus souvent "la nuit", "a priori, sans éveiller les soupçons de sa femme", selon la source proche du dossier. 

Dans ce village reculé de quelque 750 âmes, il menait une existence "extrêmement discrète", selon la maire Josette Mugron, qui n'a d'ailleurs retrouvé aucune trace de lui sur les listes électorales. Des habitants croisés par les journalistes s’étonnent aussi: "Comment a-t-il pu faire ça dans ce village? C’est perdu ici. Comment a-t-il pu avoir les moyens techniques ? Ici, on n’est pas équipé".

Viols et diffusions d'images pédopornographiques

Ce quadragénaire est soupçonné d'avoir animé des sites pédopornographiques accessibles à des milliers de personnes sur le Darknet. Sur ces sites, des films et des photos mettant en scène des mineurs. Il est également suspecté d'être un pédocriminel, puisqu'il est soupçonné de viols sur ses deux enfants mineurs -deux fillettes de 4 et 8 ans -qu'il mettait en scène dans des contenus filmés qu'il produisait.

"Un internaute était particulièrement ciblé par l'ensemble des services répressifs mondiaux depuis plusieurs années, utilisant un pseudonyme et qui administrait sur le darknet deux sites pédopornographiques", précise Frédérique Porterie, procureur de la République de Bordeaux ajoutant qu'il avait en 2017 partagé "sur ces réseaux des photos et vidéos de sa propre production"

"C'était un super administrateur de sites pédopornographiques, qui ressemblait à Monsieur Tout le monde", commente à l'AFP Eric Bérot, chef de l'office central pour la Répression des Violences aux Personnes (OCRVP), qui avait repéré ses agissements en 2014.

"Nous n'avions aucune indication sur sa nationalité"

L 'office central pour la Répression des Violences aux Personnes (OCRVP), service de la police judiciaire français; qui a mené les investigations en collaboration avec Europol, l'office de police européen, qui dispose d'une cellule de lutte contre les réseaux pédopornographiques internationaux du Darknet. 

"Son interpellation est le fruit d'un travail de coopération internationale. Il n'échangeait qu'en anglais. Nous n'avions aucune indication sur sa nationalité. Puis, avec la cyber-infiltration, nous avons réussi à identifier son adresse IP, puis la sienne", explique Eric Bérot, chef de l'OCRVP.

Il a reconnu les faits

Au cours de sa garde à vue, le quadragénaire a reconnu les faits. Après 48 heures face aux enquêteurs, il a été déféré devant un juge puis mis en examen des chefs de "diffusion en bande organisée" et "détention et enregistrement" d'images pédopornographiques, mais aussi de "viols" et "agressions sexuelles" incestueux "sur un mineur par un ascendant".  Il a été placé en détention provisoire le 9 juillet dernier. 

Des perquisitions ont également été menées à son domicile de Gironde. Les enquêteurs ont saisi du matériel informatique à son domicile. Ce matériel est en cours d'exploitation. Les investigations se poursuivent. 

Pris dans un engrenage

 Interrogé par l'AFP, Me Simon Takoudju, avocat du mis en cause a indiqué que son client avait été "pris dans un engrenage" et que son "arrestation" avait été "quasi-salvatrice".

"Depuis sa garde à vue puis devant le juge d'instruction, il a souhaité collaborer avec la justice et présenter ses excuses pour ce qu'il avait fait (...) ce n'est pas quelqu'un qui est dans une négation de l'horreur", a déclaré son avocat Simon Takoudju.

"Il s'est senti pris dans un engrenage avec l'impossibilité d'en sortir (...) depuis des années, il aurait voulu stopper tout cela. Cette arrestation quasiment salvatrice lui permettra (...) peut-être de trouver les raisons qui l'ont poussé à faire cela", a-t-il ajouté.

L'avocat du suspect assure qu'"il a la volonté de participer à l'effort de la justice", et "aider la justice à mettre la main, peut-être, sur les protagonistes qui (…) sévissent encore sur le darkweb".

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