Piste criminelle, dégâts... : ce que l'on sait de l'incendie de la cathédrale de Nantes

Piste criminelle, dégâts... : ce que l'on sait de l'incendie de la cathédrale de Nantes
Police

LE POINT - Un feu, qui pourrait être d'origine criminel, a ravagé une grande partie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes ce samedi. Il a notamment détruit le grand orgue.

Médusée, la ville de Nantes a découvert sa cathédrale gothique rongée par les flammes au petit matin. Alors que les enquêteurs s'attellent désormais à comprendre comment s'est déclenché l'incendie ce samedi 18 juillet, de nombreux dégâts sont d'ores et déjà à déplorer.

LCI fait le point sur ce que l'on sait de cet événement qui a détruit une partie de "ce joyau gothique de la cité des Ducs", comme l'a décrit le président de la République.

Que s'est-il passé?

On pourrait croire à un mauvais rêve. Dès le petit matin, les images sont impressionnantes. Sur les images postées sur les réseaux sociaux, on découvre alors de grosses flammes rongeant le monument par l'intérieur. L'incendie aurait débuté vers 7h43, selon les informations des pompiers. Oscar a assisté à ce départ de feu depuis son domicile, qui se trouve  non loin du monument. C'est là qu'il a été réveillé "par un bruit de cloches très étrange". "Je me suis dit qu'il y avait quelque-chose qui n'allait pas, car ce n'est pas du tout le bruit que fait la cathédrale d'habitude." 

Rapidement alertés par ce spectacle désolant, les riverains ont, comme Oscar, appelé les secours moins d'une minute plus tard. Ce qui a permis aux soldats du feu d'intervenir rapidement. Dès 8h, une soixantaine d'entre eux était déjà sur place, avec une quinzaine d'engins et deux lances en action. Après quelques minutes, les flammes ont laissé place à une "grosse fumée noire".

Rapidement, un "important dispositif" a été déployé. Au total, vers 10h, 45 engins et 104 sapeurs-pompiers étaient en action. Une opération qui a permis de "circonscrire" l'incendie après deux heures de lutte acharnée. En début d'après-midi, l'incident était donc "bien maîtrisé", selon les mots du directeur des pompiers de Loire-Atlantique. Il restait simplement un "foyer résiduel" au niveau de l'orgue. "Les difficultés résident sur l'accès à ce foyer résiduel, puisqu'il y a des éléments de charpente qui menacent de tomber, et nous voulons être certains que la plateforme sur laquelle est situé l'orgue est bien stabilisé", expliquait le général Ferlay.

Lire aussi

Quels dégâts?

Si les trois foyers se trouvaient à l'intérieur de l'édifice, et non pas sur la toiture, un tel incendie inquiète les Nantais. Et notamment l'administrateur provisoire du diocèse de Nantes. Interrogé sur notre antenne, il présume que les dégâts causés seront "considérables", malgré la "tentative de sauvetage d'un certain nombre d'œuvres" qui a été enclenchée dès le matin. 

De fait, les premières images tournées dans la cathédrale font état de dégâts considérables. Notamment le grand orgue, qui a été "complètement calciné, détruit", pour reprendre les descriptions du procureur de Nantes sur LCI ou la rosace, "profondément touchée".

En vidéo

VIDÉO - Découvrez les premières images des dégâts à l'intérieur

De quoi faire "monter les larmes aux yeux" de la ministre de la Culture. "La destruction de l'orgue est un véritable coup de poignard", a regretté Roselyne Bachelot sur notre antenne. Emue, elle a rappelé que de nombreux travaux étaient prévus ces prochaines années pour restaurer l'édifice, évoquant un plan de "plusieurs millions d'euros". "L'Etat est là, il est propriétaire de cette cathédrale, et il fera tout ce qui conviendra", a-t-elle ajouté. Et pour cause, cet orgue "baroque du 17e siècle" était "très ancien", comme l'a souligné pour sa part Paul Chopelin, maître de conférence en histoire moderne à Lyon. Dominant la nef depuis quatre siècles, il avait survécu à de nombreuses épreuves. Notamment lors du fameux incendie du 28 janvier 1972. Si le monument avait été ravagé, l'instrument, lui, fut sauvé.

Est-ce un incendie volontaire?

Le premières observations laissent penser qu'il pourrait s'agir d'un incendie volontaire. Comme l'a expliqué le procureur de la République de Nantes, les enquêteurs ont en effet observé la présence de "trois départs de feu dans la cathédrale" qui sont "à des endroits assez espacés les uns des autres". Très précisément, le premier se trouve "au premier étage, à l'entrée de la cathédrale, où se situait le grand orgue", selon les précisions de Pierre Sennès, tandis que les deux autres ont été localisés au rez-de-chaussée, avec deux foyers distincts, l'un "à gauche de l'autel et l'autre à droite". Un "constat objectif" qui a poussé la procureur à rapidement ouvrir une enquête, confiée à la police judiciaire, pour "incendie volontaire". "C'est une question de bon sens", fait-il savoir. A partir de là, "les investigations vont commencer", explique le procureur. A commencer par l'arrivée d'un expert incendie, qui va se déplacer depuis Paris "le plus rapidement possible" afin d'apporter des "éléments déterminants". Son rôle sera notamment de "regarder les foyers, les départs de feu, et vérifier les installations électriques". 

En vidéo

Que sait-on de l'origine de l'incendie à la cathédrale de Nantes ?

En attendant les conclusions de l'expert, d'autres indices pourraient venir soutenir cette hypothèse. Les enquêteurs "regardent actuellement autour de la cathédrale s'il y a eu des intrusions par effraction" fait valoir le procureur. "On vérifie aussi s'il y a eu, à proximité de la cathédrale, des mouvements observés par des riverains (...) et la vidéo surveillance." Pour résumer, "voilà où nous en sommes aujourd'hui : le temps des conclusions n'est pas encore arrivé".

En attendant d'en savoir plus, ce feu "important" replonge les Nantais dans l'histoire de leur ville. Le 18 janvier 1972, le toit de cette cathédrale gothique avait été ravagé. L'édifice n'avait pu être rendu au culte qu'après 13 ans de travaux. En revanche, la maire de la ville assure que "si les images de 1972 sont dans tous les esprits", on en serait loin dans les faits. "Les pompiers nous disent que nous ne sommes pas dans un scénario comparable", souligne Johanna Rolland (PS). 

Toute l'info sur

L'incendie de la cathédrale de Nantes

Un triste événement qui frappe encore une fois la Cité des Ducs, et qui rappelle évidemment aussi l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. C'était il y a plus d'un an, le 15 avril 2019.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent