Le gouvernement veut mettre du "bleu" dans la rue : les policiers et gendarmes sont-ils vraiment en sous-effectif ?

Le gouvernement veut mettre du "bleu" dans la rue : les policiers et gendarmes sont-ils vraiment en sous-effectif ?
Police

FORCES DE L'ORDRE - Augmenter le nombre de patrouilles et donc celui des policiers et des gendarmes dans les rues en France, c’est ce que souhaite le ministre de l’Intérieur pour cette deuxième moitié du quinquennat. Mais sont-ils vraiment en sous-effectif ?

Mettre plus de "bleu" dans la rue, c'est le souhait de Gérald Darmanin. En présentant son "Plan Sécurité", le ministre de l’Intérieur a envisagé de renforcer le dispositif sécuritaire en France, en assurant plus d’agents de sécurité dans les rues. 

Pourtant, en France, le nombre de forces de l’ordre est en constante augmentation ces dernières années. Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a promis l’embauche de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires. Et depuis 2012, les effectifs sont renforcés chaque année. Entre 2012 et 2020, près de 11.000 policiers ont été formés. Même chose du côté des gendarmes qui ont vu leur effectif passer de 93.000 à 100.000 gardiens de la paix. Mais au total, ils sont seulement 4.200 à être affectés à la sécurité publique. 

Mais leur temps sur le terrain n'est pas si élevé que cela. En 2014, un policier passait près de 38%  de son service dans les rues, contre 41% en 2019. Les gendarmes, eux, passent de 62% en 2014 à 68% en 2019. De légères hausses qui s'expliquent par les charges administratives beaucoup plus lourdes qu’auparavant, d'après les forces de l'ordre. 

La délinquance en hausse

La question sur la sécurité en France a occupé les esprits de la droite et de plusieurs membres du gouvernement cet été suite à plusieurs agressions violentes. Le gouvernement a publié un rapport qui montre que la délinquance a fortement augmenté entre "juin-juillet-août 2020 (...) par rapport aux trois mois précédents (mars-avril-mai)". Une augmentation qu'il faut analyser avec prudence puisqu'elle prend en compte la période du confinement

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Pour Xavier Raufer, criminologue, les effectifs sont à augmenter dans près de "700 quartiers en France". D'après lui, "il y a des problèmes graves, les voitures flambes, il y a des agressions où les policiers se font tirer dessus avec des mortiers d’artifices, c’est là qu’il faudrait renforcer la police et la gendarmerie et ce n’est pas fait".

Pourtant, concernant la question sécuritaire, la France n'est pas en reste par rapport à ses voisins européens. Elle compte près d’un policier ou gendarme pour 260 habitants, alors que la moyenne européenne est d’un pour 280 personnes. Mais cela ne suffit pas pour le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa. Ils ont annoncé, dans une interview au Parisien, la publication d'un bilan mensuel à partir d’octobre sur "tous les sujets (...) pour communiquer l'ensemble des résultats de nos services".

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Pour Gérald Darmanin, il est donc important de partager mensuellement les chiffres de la "lutte contre les stupéfiants, les chiffres des violences conjugales, intrafamiliales et sexuelles, les heures de patrouilles (…) dans les transports publics également, le nombre de dérives sectaires signalées, et aussi le thème de l'immigration et de l'asile".

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