Il se déguisait en femme voilée : le récit des trois mois de folle cavale de Redoine Faïd

Police
(ENCORE) RATTRAPÉ - Le braqueur Redoine Faïd a été arrêté ce mercredi matin dans son fief de Creil, dans l'Oise, 94 jours après sa spectaculaire évasion en hélicoptère de la prison de Réau. Il avait été repéré depuis plusieurs jours dans un appartement, se grimant en femme voilée pour passer inaperçu, comme nous le révélions en fin de matinée. Récit d'une enquête hors normes.

Ennemi public numéro 1, celui qui se rêvait en Robert Niro dans le film Heat a été arrêté ce mercredi 3 septembre dans son quartier d'origine, à Creil. Mais contrairement à son idole, Redoine Faïd est apparu en pantalon de survêtement noir, vêtu d’un haut blanc de type djellaba. Son air hagard laissant penser qu’il ne s’attendait pas à être cueilli. Car, à 4 heures du matin, les forces de l’ordre ont enfin interpellé le braqueur récidiviste au terme de 94 jours de cavale. Retour sur ce jeu de piste qui n'aura finalement pas mené les enquêteurs très loin. 

Une évasion spectaculaire

Le 1er juillet à la prison de Réau, près de Melun, Redoine Faïd est au parloir avec l’un de ses frères, Brahim. Rien d’anormal pour un dimanche matin, à part peut-être l’heure de ce rendez-vous dominical, avancée pour voir un match de foot. 


Une entrevue interrompue par le bruit assourdissant d’un hélicoptère survolant le centre pénitentiaire. Un commando de deux hommes, vêtus de cagoules et de brassards de police, ont pris en otage le pilote de l’engin touristique. Armés de Kalachnikov, ils l’obligent à se poser dans la cour d’honneur et sautent de l'appareil. 


Après avoir scié plusieurs portes et lâché des fumigènes, le duo entre dans le parloir. Ils récupèrent Redoine Faïd et repartent ensemble par la voie des airs. En dix minutes l’un des détenus les plus surveillés de France s’évade de prison. 

Les nombreuses erreurs du fuyard

Le 8 juillet, la trace de l’homme, devenu ennemi public numéro 1, est retrouvée dans la forêt domaniale de Verneuil-en-Halatte. Un lieu paisible, à quelques kilomètres de son fief, dans l’Oise. Au milieu des lapins et des chants d’oiseaux, un chasseur aperçoit trois hommes qui tentent d’enterrer un sac. A l’intérieur, les enquêteurs y retrouvent notamment des armes, une disqueuse, une pelle et une pioche. Du matériel qui aurait pu servir à la cavale… ou à un autre braquage. Le sac devient une pièce à conviction précieuse. 140 scellés seront consignés. 


Deux semaines plus tard, les enquêteurs retrouvent la trace du fugitif lors d’un banal contrôle routier à Sarcelles. Le 24 juillet, alors qu’ils prennent de l’essence dans une station-service, des policiers trouvent le comportement de deux hommes particulièrement suspect. L’un d’eux est accroupi au pied d’une Renault Laguna. L’autre semble se cacher derrière un buisson. Tous deux portent des chapeaux vissés sur la tête. Intrigués par cette attitude, les agents décident de les interpeller, mais les deux hommes s’échappent en direction de Sarcelles. S’ensuit une course-poursuite qui prend fin dans le parking souterrain d’un supermarché Auchan. C’est ici que le duo abandonne son véhicule et réussit à partir à pied.


Lorsque les forces de l’ordre fouillent le véhicule, elles y trouvent des fausses plaques d'immatriculation, des explosifs factices et des vêtements. Mais, surtout, une multitude de traces d’ADN. Qui concorderont par la suite aux images de surveillance. Les deux hommes sont bien Redoine Faïd et son frère aîné, Rachid, qui avait pourtant déclaré se trouver en Algérie. 

La fin du jeu de piste

Le truand chevronné ayant disparu des radars, les policiers décident d’imposer "une pression psychologique" au fugitif, selon les informations du Parisien. Ils choisissent de mener des perquisitions ciblant des proches de Redoine Faïd, dans l’Oise. Toutes les personnes dont le domicile est passé au crible sont présentes, mais aucune n’est interpellée. Parmi les proches dans le collimateur : le frère aîné de Redoine, Brahim Faïd. C’est lui qui était présent au parloir lors de l’évasion du 1er juillet. Si personne n’est arrêté, des téléphones et des ordinateurs sont saisis pour être exploités dans les jours qui suivent.


C'est finalement dans un appartement sous surveillance en raison du profil de sa locataire que les enquêteurs vont retrouver la trace du fuyard. Un deux-pièces situé dans un immeuble qui avait été signalé à la police comme pouvant abriter une possible cellule salafiste. Une surveillance avait été lancée avant même que la présence du braqueur dans l'immeuble soit alors soupçonnée. Les enquêteurs découvriront que Redoine Faïd et ses complices se déguisaient en femmes voilées quasi-intégralement. C'est pourquoi aucun voisin ne l'a jamais reconnu. Après plusieurs jours de planque et de filature, les policiers ont acquis la certitude de la présence du fugitif dans l'appartement.

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Redoine Faid : le récit de la cavale du braqueur

Après un jeu de piste haletant, ponctué par les nombreuses erreurs du fuyard, Redoine Faïd est finalement interpellé auprès de ses proches dans la ville de son enfance. Un quartier qu’il connaissait comme sa poche : le Moulin, à Creil (Oise). 

Surnommé le roi de l'évasion, le braqueur qui s'était un temps présenté comme repenti s'était déjà évadé le 13 avril 2013, en moins d'une demi-heure, de  la prison de Lille-Sequedin, en prenant quatre surveillants en otages. Il avait été arrêté six semaines plus tard, déjà en région parisienne.

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Fin de cavale pour Redoine Faïd après une incroyable évasion

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