Prêtre tué dans l’Oise : deux plaintes pour "agressions sexuelles" avaient été déposées contre la victime

Police

FAIT DIVERS – Trois jours après la découverte du corps sans vie d’un prêtre âgé de 90 ans dans l'Oise, et alors que le suspect a été interpellé, une source proche du dossier indique que la victime avait été visée par deux plaintes pour "agressions sexuelles". Aucun rapprochement n'a pour l'instant était fait entre les deux événements par les enquêteurs.

Il a été interpellé lundi, au volant du véhicule de la victime qui elle a été retrouvée morte ce même jour à son domicile du hameau de  Ronquerolles à Agnetz dans l’Oise. Placé en garde à vue un temps pour des faits initialement de conduite sans permis et de rébellion puis pour homicide volontaire, Alexandre, 19 ans, " ne s’est pas exprimé et n’a pas répondu aux questions des enquêteurs", a indiqué le parquet de Beauvais après les faits. Le suspect a finalement été "hospitalisé sous contrainte" dans la nuit de lundi à mardi. 

Peu après le meurtre de ce prêtre de 90 ans, des informations ont été publiées par plusieurs médias au sujet de cet homme d’église."Deux plaintes ont été déposées en 2018 contre le prêtre Roger M., concernant des faits d’agressions sexuelles commis sur deux jeunes garçons alors que, âgés de 10 à 14 ans. Ces derniers étaient enfants de chœur dans la paroisse de Roger M. Les faits dénoncés auraient été commis en 1962 pour l’une des victimes, entre 1976 et 1980 pour l’autre, détaille une source judiciaire à LCI ce mercredi au sujet de ces informations. Une enquête préliminaire a été diligentée, dans le cadre de laquelle Roger M. a été entendu en qualité de mis en cause. L’intéressé avait contesté les faits. Les enquêteurs s’étaient également efforcés de rechercher d’autres victimes potentielles, sans succès en raison de l’ancienneté des faits. Cette enquête avait été classée sans suite en mai 2019 compte tenu de la prescription de l’action publique".

Deux jours après ce meurtre, rien ne permet de dire si le suspect interpellé lundi en voulait au religieux pour les mêmes raisons. "Le mis en cause n’ayant pas été entendu, il n’a par conséquent jamais indiqué avoir lui-même été victime de faits similaires de la part de Roger M., lequel était un proche de sa famille".

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"Eloigné de l'exercice public du ministère"

Dans la matinée mardi, Mgr Jacques Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, avait adressé un communiqué à la suite de la mort du père Roger . "Nous pensons à sa famille et prions pour lui", avait-il affirmé.

Dans la soirée, il a publié un nouveau communiqué, après que la presse locale eut "fait écho d’une plainte à l’encontre de l’abbé Roger M. pour des comportements inappropriés sur mineur, commis il y a plusieurs dizaines d’années".  "Depuis 2009, l’abbé Roger M n’a plus de charges paroissiales. Ayant entendu une victime, j’ai pris à l’encontre de Roger M., des mesures l’éloignant de l’exercice public du ministère", a-t-il ajouté.  "Après le dépôt d’une plainte au civil, émanant d’une nouvelle victime, une procédure canonique a été engagée qui a permis d’entendre les victimes connues. Roger M. a été alors interdit de tout ministère, même privé", a-t-il poursuivi, en "demandant pardon" aux "victimes".

L'autopsie réalisée mardi a conclu "à un décès par asphyxie et à la présence de traces de coups portés à l’abdomen, au crâne et au visage", avait fait savoir le procureur. Des examens complémentaires doivent encore être menés pour préciser les causes du décès. L’enquête se poursuit également pour déterminer "l’éventuelle responsabilité du suspect".

 La brigade de recherches de Clermont et de la section de recherches d’Amiens sont chargées des investigations. 

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