Prise d'otages à Blagnac : que sait-on du jeune homme interpellé ?

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FAIT DIVERS - A 17 ans, il a pris quatre femmes en otage ce mardi dans un bar-tabac de Blagnac, à l'ouest de Toulouse. Si le jeune homme finalement interpellé n'a pour le moment donné aucune revendication, il a fait allusion au mouvement des Gilets jaunes dans une lettre.

En garde à vue, Yanis est confus et brouillon. Interpellé après une prise d'otage, ce mardi 7 mai, dans un bar-PMU de Blagnac, dans la périphérie de Toulouse, le jeune homme a expliqué son acte. Il avait, pendant près de quatre heures, retenu quatre femmes. Le suspect n'est pas majeur. Il aura 18 ans en juin prochain.


Placé en garde à vue dans la nuit de mardi à mercredi, il dit avoir été mandaté par une milice privée armée, pour le compte des Gilets jaunes. Ce groupuscule, dont il ne veut pas dire le nom, lui aurait fourni le pistolet automatique Beretta dont il était muni pour passer à l'action. Une arme inoffensive cependant, puisqu'elle n'était chargée que de cartouches à blanc. Qui ne pouvaient donc ni blesser, ni tuer. Selon nos informations, il devrait être déféré jeudi après-midi en vue de sa mise en examen par un juge toulousain.

Interpellé lors d'une manifestation de Gilets jaunes

Sur son compte Facebook, désactivé depuis, on découvre un jeune homme jouant au rugby. Mais aussi un intérêt, très relatif, pour les groupes de Gilets jaunes. Ce n'est qu'en février qu'il intègre virtuellement la communauté toulousaine du mouvement débuté en novembre. Et son activité y est quasi-inexistante. 


Pourtant, selon le procureur de Toulouse, Dominique Alzeari, le jeune homme a laissé à son domicile un courrier dans lequel il fait allusion au mouvement des Gilets jaunes, dont il se décrit comme le "bras armé" : "J'ai fait ça pour la bonne cause, je ne veux pas qu'on me prenne pour un terroriste". Tout en assurant cependant que l'action qu'il comptait commettre "n'irait pas au-delà de cette démarche finalement un peu spectaculaire". Une lettre dans laquelle il semble également "assez dépressif" ou en tout cas "préoccupé par son état de santé", toujours selon le magistrat.


Le preneur d'otage avait été interpellé lors d'une manifestation de Gilets jaunes le 15 décembre dernier, à Toulouse, lors du "5e acte" car il se masquait le visage avec un masque de chantier. Il était également connu "pour des affaires de violences, sur les forces de l'ordre notamment et de vol".

Pas non plus quelqu'un de classé comme dangereuxDominique Alzeari, procureur de la République de Toulouse

"Ce n'était pas non plus quelqu'un de classé comme dangereux", a cependant précisé Dominique Alzeari. Plutôt calme lors de la prise d'otages, mais aussi lors de son interpellation, il apparaît qu'il a permis à chacune des otages d'appeler un proche pour le rassurer. Interrogée par l'AFP, une personne se disant proche de la famille affirme que le preneur d'otage est "droit dans ses baskets avec une famille carrée". D'après ses informations, le suspect est originaire du quartier populaire Bélisaire.

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