Prise d'otages à la prison de Condé-sur-Sarthe : les surveillants refusent de reprendre leur service

Police

REVENDICATIONS - Au lendemain de la prise d'otages dans l'Orne de deux personnels pénitentiaires par un détenu, une cinquantaine de surveillants de l'établissement concerné manifestent devant l'entrée ce mercredi. Ils déplorent notamment le fait d'avoir averti leur hiérarchie de ce probable passage à l'acte, sans qu'aucune mesure ne soit prise pour l'éviter.

Ils demandent plus d'écoute. Au lendemain de la prise d'otages de deux surveillants par un détenu de la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, une cinquantaine de personnels pénitentiaires refusent de prendre leur service et manifestent devant l'entrée de l'établissement. "Nous savions que ce détenu allait passer à l'acte, il avait changé de comportement et nous avions fait remonter l'information. Pourtant, il était classé auxiliaire, c'est-à-dire qu'il aidait à servir les repas, à faire le nettoyage, tout cela pour acheter la paix sociale", dénonce Frédéric Eko, membre du Snepap-FSU. 

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"On nous demande de faire remonter toutes les informations auprès de la direction mais cela n'est pas suivi de mesures. Quand un détenu est susceptible de passer à l'acte, nous voulons qu'il soit isolé des autres", insiste Frédéric Eko, qui demande des "réponses concrètes de la direction" et déplore que le matériel qui devait être livré ne l'ait été "qu'en partie" ou alors sans 

formation. 

"Comme si tout le monde s'attendait à ce qu'il s'est passé"

"C'est comme si on donnait une arme à un agent et qu'on lui disait de se débrouiller avec, c'est de la négligence", assure le syndicaliste. "Cela devient récurrent dans cet établissement qui est anxiogène. C'est comme si tout le monde s'attendait à ce qui s'est passé hier. On est perdus, on est paumés", a regretté de son côté Alassane Sall, de FO-pénitentiaire, pour qui "les leçons n'ont pas été tirées". 

Contactée par l'AFP, l'administration pénitentiaire a indiqué qu'une partie des personnels présents était venue "suite à ce qui s'est passé mardi" tandis qu'une autre  "devait prendre son service et ne l'a pas fait". "Il n'y a pas de blocage de l'établissement", a-t-elle toutefois précisé.

Un détenu connu pour ses troubles psychiatriques

Ce mardi, le détenu, Francis Dorffer, "armé visiblement d'une arme artisanale, un pic", selon une source syndicale pénitentiaire, a retenu pendant près de cinq heures dans sa cellule un surveillant et une stagiaire. Libérés en deux temps, avant et après minuit, les personnels pénitentiaires sont sains et saufs. Le détenu s'est rendu vers 0H30. 

Libérable en 2060, né en 1984, est associé à au moins cinq autres prises d'otages, ce détenu classé "DPS" (détenu particulièrement signalé) et connu pour des troubles psychiatriques, "n'est pas incarcéré pour des faits de terrorisme", selon l'administration pénitentiaire. Trois mois avant les événements de mardi, l'établissement avait déjà été le théâtre de l'attaque de deux surveillants par un détenu radicalisé, qui avait provoqué un vaste mouvement social dans les prisons françaises. 

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