Prof braquée par un lycéen en plein cours à Créteil : ce que l'on sait

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LYCÉE - Un élève a pointé une arme sur sa professeure de biotechnologie dans un lycée de Créteil jeudi. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Le président de la République a réagi évoquant des faits "inacceptables". L'élève a été mis en examen pour violences aggravées.

L'affaire agite jusqu'au plus hautes sphères de l'Etat. Après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant un lycéen braquer sa professeure avec une arme en plein cours, une vague d'indignation s'est emparée du monde politique, poussant même le gouvernement à annoncer un "plan d'actions" contre les violences en milieu scolaire. En attendant de connaître le détail de ces mesures, LCI revient sur ce qu'il s'est passé, le déroulé de l'enquête, ainsi que sur les nombreuses réactions suscitées. 

Les faits

La scène s’est déroulée jeudi matin à la fin d’un cours de biotechnologie au lycée Branly de Créteil. Un lycéen de 15 ans a pointé une arme qui s'est révélée factice sur sa professeure pendant qu’un de ses camarades filmait. La vidéo, qui a tourné sur les réseaux sociaux, montre l'enseignante immobile, assise devant un ordinateur, tandis que l'adolescent debout derrière elle lui braque un pistolet - de type "airsoft" - près du visage, tout en lui demandant de l'inscrire "présent" au cours. Arrivé en retard, il contestait que l'enseignante le note comme absent. Un certain chahut est alors perceptible dans la classe. Un autre élève apparaît notamment sur les images en train de faire des doigts d'honneur. 

L'enquête

Accompagnée de sa hiérarchie, l'enseignante a porté plainte vendredi. Soupçonné d'être celui qui brandit la réplique d'arme, un adolescent de 16 ans s'est rendu avec son père au commissariat ce même jour. Il a été placé en garde à vue. Selon nos informations, il a reconnu les faits reprochés tout en les minimisant. Il a déclaré avoir agi sur le ton de la rigolade, sans vouloir intimider l'enseignante. Il n’admettait pas que celle-ci l'inscrive sur la liste des absents. Il a également précisé qu'il n'avait pas connaissance que la scène avait été filmée. Il a été présenté samedi soir à un juge des enfants puis mis en examen pour violences aggravées ayant entraîné une incapacité de travail de 7 jours. Il sera jugé ultérieurement.


Un autre adolescent du même âge, suspecté d'avoir introduit l'arme dans l'établissement, a été interpellé vendredi à son domicile et placé en garde à vue avant d'être remis en liberté sans poursuites, l'arme s'avérant bien être un pistolet à billes "de type airsoft", précise une source proche du dossier. Des poursuites sont aussi engagées à l'encontre de la personne qui a enregistré et diffusé la vidéo, qui est "en cours d'identification", et une "évaluation du retentissement psychologique de la victime" va être menée, indique le parquet. 

Les réactions politiques

Très vite, le rectorat de Créteil a condamné "très fermement cet acte" tout comme le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a assuré sur Twitter samedi que "les mesures les plus rigoureuses ont été prises immédiatement" et qui a témoigné de sa "solidarité avec le professeur". Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lui a emboîté le pas et a adressé "tout (son) soutien à la professeure lâchement menacée", dénonçant des "actes odieux".


Le président de la République a lui aussi réagi en fin de soirée, jugeant "inacceptable" de menacer un professeur. "J'ai demandé au ministre de l'Education nationale et au ministre de l'Intérieur de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits de nos écoles", a écrit Emmanuel Macron sur Twitter. 

Dimanche, les deux ministres ont annoncé la réunion la semaine prochaine d'un "comité stratégique" pour un "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants. "Les sanctions disciplinaires (...) seront très fermes", a assuré Jean-Michel Blanquer sur LCI.

En vidéo

Jean-Michel Blanquer: "Je suis choqué"

La vidéo a aussi suscité de nombreuses réactions politiques. La présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est dite "scandalisée par ce nouvel acte de violence commis par des élèves mineurs" tout en demandant des "sanctions exemplaires". "Ce n'est pas un lycée qui est habitué à ce genre de choses", a cependant nuancé Didier Sablic, professeur depuis près de 25 ans au sein de l'établissement concerné, le lycée Edouard-Branly de Créteil, où il y a selon lui "beaucoup de projets" et de "travail avec les élèves sur la communication et le respect".

Le président du syndicat national des lycéens et collégiens, Jean-Rémi Girard, a fait part de son "soutien à l’enseignante en espérant qu’elle puisse se remettre de cette agression car c’est toujours extrêmement difficile". "Je crois que cela montre ce qui se passe dans un certain nombre de classes, c’est pas le quotidien heureusement, mais ce sont des choses qui peuvent se produire dans à peu près n’importe quel établissement", a-t-il expliqué à LCI, ajoutant qu'il y avait "un problème de fond" à résoudre. 

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