Reims : un bébé de 13 mois torturé à mort, les parents mis en examen pour "meurtre aggravé"

Reims : un bébé de 13 mois torturé à mort, les parents mis en examen pour "meurtre aggravé"

Police
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FAIT DIVERS – Un jeune couple de Reims avait été placé en garde à vue après le décès suspect de leur enfant de 13 mois vendredi. Les parents ont été mis en examen dimanche pour "meurtre aggravé", a annoncé le procureur de la République. Le bébé présente des traces de coups et de mauvais traitements.

Des dizaines de blessures, des traces de brûlures, un état de malnutrition... Vendredi soir, un bébé est décédé à Reims. Le nourrisson âgé de 13 mois, transporté en urgence à l'hôpital pour enfants, n'a pas survécu. Placés en garde à vue, les parents ont été mis en examen dimanche pour "meurtre aggravé", "privation de soins ayant entraîné la mort", "non-dénonciation de crimes ou délits" et "non-assistance à personne en danger", a déclaré le procureur de la République, Matthieu Bourrette, à l'AFP. Le couple - un Français de 34 ans né en Mauritanie et une Ivoirienne de 22 ans - a été placé en détention provisoire et encourt la réclusion à perpétuité. L'enquête a été confiée au Service Régional de Police Judiciaire de Reims (SRPJ).


Les secours avaient été appelés un peu plus tôt dans l'appartement d'un jeune couple. Avant d'alerter la police, ils avaient constaté l'état de malnutrition et les multiples signes de violences que le bébé semble avoir subis pendant des mois. 

"Battu avec des câbles électriques"

Selon le procureur de la République de Reims, le garçon présente de "multiples blessures et traces de violences" sur tout le corps. "Il a été battu, y compris avec des câbles électriques" et a "peut-être aussi" subi des "brûlures". Une autopsie doit être réalisée lundi, de même que de nombreuses autres investigations, pour déterminer les causes de la mort. "Il était tuméfié de partout", a détaillé Matthieu Bourrette, soulignant que le bébé portait des traces de violences "aux pieds, aux tibias, aux genoux, au flanc, au thorax, aux oreilles, au visage et aux mains". Atteint de scorbut, le nourrisson de 13 mois ne pesait que six kilos. Il avait en guise de lit une paillasse "sur laquelle on a retrouvé du sang", a poursuivi le procureur de la République.

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En garde à vue, le père a nié avoir donné des coups mortels, affirmant que c'est la mère "qui s'occupait de tout" et qu'elle avait "frappé à plusieurs reprises" leur enfant. La mère "a fini par admettre avoir porté a minima un certain nombre de coups, dans une simple logique éducative" selon elle, d'après le magistrat. Après que le nourrisson a subi une fracture, elle dit l'avoir traité "avec une médecine traditionnelle africaine" et nie "tout élément de dénutrition ou de malnutrition". 


Les parents, en couple depuis six ans et sans aucun antécédent pénal, ont un autre enfant de quatre ans, qui est "placé" depuis deux ans en région parisienne, a fait savoir la procureur de la République. Arrivé il y a moins d'un an à Reims, le couple n'avait aucune activité professionnelle connue. La mère ne dispose pas de titre de séjour.

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