Aux abords de Notre-Dame, tout le monde veut son souvenir de la cathédrale avec sa flèche

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

REPORTAGE - Depuis le dramatique incendie de Notre-Dame-de-Paris survenu lundi, les boutiques de souvenirs aux abords de la cathédrale font le plein. Elles n'ont jamais vendu autant de figurines représentants l'édifice encore orné de la flèche de Viollet-le-Duc.

"Habituellement, Notre-Dame était positionnée à côté de la Tour Eiffel, star incontestée des rayons. Mais depuis mardi nous lui avons créé son propre espace" raconte Naincy, vendeuse d’une boutique de souvenirs située quai de Montebello. Depuis le drame, elle vend 30 petites représentations de la cathédrale par jour, contre une en temps normal. A 5 euros pièces l’objet, cela représente 150 euros de chiffre d’affaire sur ce seul produit, contre 5 d’ordinaire. "Bien sûr pour nous les affaires marchent bien, mais c’est quand même triste" admet la jeune femme.

La boutique, située dans le Ve arrondissement de la capitale, sur le quai face à l’île de la Cité fait le plein depuis le drame. Ce mercredi en fin de journée lors de notre reportage, des milliers de personnes, touristes ou Parisiens, viennent encore constater les dégâts ou se recueillir auprès de la cathédrale sur les quai de la Tournelle, de Montebello et Saint-Michel. "Nous profitons également de la fermeture des alentours de la cathédrale" nous glisse Ayam, vendeur à "Souvenirs de Paris", quai de la Tournelle.

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Ruptures de stock

Devant sa boutique, les portants à cartes postales sont clairsemés, les photos de Notre-Dame-de-Paris ont été prises d'assaut. Tout le monde veut un souvenir de l’édifice avec son toit et sa flèche intactes. A l’intérieur du magasin, porte-clés, magnets et figurines de la cathédrale s’arrachent. Ces dernières, décidément les objets les plus vendus ces derniers jours, se font désormais rares dans les rayons. "Je n’en ai plus en stock, je dois recevoir une nouvelle livraison demain" nous explique Ayam. Normalement, six exemplaires de figures se révèlent suffisantes pour tenir deux semaines. Ce mercredi, il en a commandé 24. "J’ai également vendu tous les livres sur l’histoire de Notre-Dame en français et en anglais" ajoute-t-il, assurant que Notre-Dame avait définitivement supplanté la tour Eiffel.

Sur les quais, les estampes et dessins de la cathédrale vendus par les bouquinistes font eux aussi l’objet de toutes les attentions. Nicole, Parisienne depuis toujours, propose à des touristes allemands de leur offrir une carte postale du monument. Elle s’achètera la même, pour ne pas oublier le monument qu’elle a toujours connu. " On oublie vite, j’ai déjà l’impression de ne plus me souvenir de son aspect, de comment elle était avec son toit" nous avoue-t-elle. 

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Les romans de Victor Hugo difficilement trouvables

Outre les représentations de Notre-Dame, ce sont les livres de Victor Hugo que les badauds recherchent le plus. Alors que le roman "Notre-Dame-de-Paris" est en tête des ventes sur Amazon, il est devenu quasi-introuvable sur les bords de Seine. "J’ai vendu mon seul exemplaire ce matin" nous explique un bouquiniste. "Le problème c’est que ce ne sont que des objets d’occasion, donc si je veux en avoir de nouveau en stock je vais devoir aller chiner."

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Si les commerçants profitent de la catastrophe survenue lundi, cela peut-il se prolonger dans le temps ? Les professionnels du tourisme sont inquiets pour le futur. Car la cathédrale Notre-Dame-de-Paris était jusqu'à présent le monument historique le plus visité en France et même en Europe. Quatorze millions de personnes venaient admirer ses tours, ses rosaces, ses gargouilles et son trésor chaque année. Peut-être faudra-t-il, pendant sa reconstruction, aider les vendeurs de souvenirs et les bouquinistes à traverser ce passage à vide. A commencer par ceux qui étaient situés au plus près de la cathédrale, évacués pendant l’incendie et inaccessibles depuis lundi à cause du périmètre de sécurité mis en place autour de l’édifice. Eux n’ont bénéficié d’aucun effet d’aubaine.

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