Rillieux-la-Pape : Darmanin fustige "un choc contre la République" après la tentative d'incendie d'une église

Avec les violences, les rodéos urbains et le trafic de drogue en hausse, des habitants de Rillieux-la-Pape disent ne plus se sentir en sécurité. Nos journalistes ont enquêté sur ce qui se passe dans cette commune de la métropole lyonnaise.

VIOLENCES URBAINES - Après les incidents qui se sont déroulés samedi soir à Rillieux-la-Pape, le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur place ce lundi et a vivement condamné la tentative d'incendie qui a visé une église. Il a par ailleurs promis des renforts policiers dans la métropole de Lyon.

Scènes de violence sans précédent à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône. Samedi soir, entre 22 heures et minuit, onze voitures ont été incendiées et l'une d'entre elles a été projetée contre l'église Saint-Pierre-Chanel, endommageant la façade du bâtiment et provoquant la destruction de plusieurs vitres. Sans toutefois parvenir à incendier le bâtiment, grâce à l'intervention des pompiers.

Lors d'un bref déplacement ce lundi soir dans cette commune populaire de l'agglomération lyonnaise,  le ministre de l'Intérieur a souhaité manifester sa "solidarité avec la ville, les catholiques, contre tous les actes anti-religieux" et "dire à ceux qui ont commis ces méfaits cagoulés que nous ne lâcherons pas". "Tous les moyens sont mis, y compris les moyens scientifiques, pour retrouver les auteurs de cet acte inqualifiable", a souligné Gérald Darmanin, ajoutant : "Nous avons été choqués des événements qui se sont passés ce week-end (...) S'en prendre à un lieu de culte est un choc contre la République", a-t-il dit.

Sur place, le ministre s'est notamment entretenu avec l'administrateur du diocèse de Lyon, Mgr Michel Dubost, et l'imam de la mosquée de Rillieux-La-Pape, Aissa Aarfaoui, notamment pour afficher "la solidarité républicaine" et "rassurer les fidèles quelle que soit leur religion".

Les pompiers pris pour cible

Dès dimanche matin, le maire de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet (LR), s'était rendu sur place et avait dénoncé les agissements "d'un commando criminel", affirmant qu'il s'agissait d'un groupe de 10 à 15 personnes, "tout de noir vêtues et cagoulées pour ne pas être reconnues par les caméras de surveillance". "Ce n’est pas une bêtise d’adolescent, ce sont des jeunes déterminés et violents", a-t-il précisé à LCI. 

Selon le maire, le même groupe s'est aussi attaqué, "de manière coordonnée", dans plusieurs endroits de la ville, à des véhicules en stationnement qu'ils ont poussés en travers de la chaussée. Des arrêts de bus ont également été détruits et les pompiers ont été la cible de projectiles, notamment des boules de pétanque, pour les empêcher de lutter contre les incendies.

"Tout cela s'est passé très vite", a ajouté Alexandre Vincendet, qui relève qu'un "nouveau cap" a été franchi dans les violences, reparties à la hausse dans sa ville depuis la fin du confinement. "J’ai vraiment senti que la tension montait à ce moment-là.

Déjà en septembre, une école d’un quartier sensible a été vandalisée pour que la rentrée n’ait pas lieu. Samedi, c’est un énième coup pour faire reculer les institutions de la République", a-t-il rappelé.

La communauté religieuse sous le choc

Dans un bref communiqué, publié sur Twitter, l'administrateur du diocèse de Lyon, Mgr Michel Dubost, a "déploré" ces violences et "assuré la communauté chrétienne et tous les habitants du quartier de (son) amitié et de (son) soutien".

Même sentiment d'effroi de la part du président du Conseil des mosquées du Rhône. Dans un communiqué, Kamel Kabtane, a "condamné avec force" ce lundi les actes de ce week-end, qui font suite à une tentative d'incendie d'une mosquée mi-août à Bron, une autre ville de l'agglomération. "En s’attaquant aux lieux de cultes ou aux religions, c’est bien au vivre ensemble que l’on veut attenter (...) Nous appelons tous les croyants à combattre ensemble cette forme insidieuse qui tend à vouloir opposer les communautés les unes aux autres", a-t-il ajouté.

Pour faire face à ces "violences intolérables", Gérald Darmanin a annoncé "des moyens supplémentaires", avec "des renforcements d'effectifs, y compris dans les communes de l'agglomération qui ne sont pas Lyon", a-t-il assuré sans fournir de chiffres. Il a précisé qu'il recevrait le maire de Lyon Grégory Doucet "dans 10 jours" pour évoquer la question. Mi-septembre, le nouveau maire EELV avait réclamé au ministre 200 policiers supplémentaires sur sa ville pour enrayer la baisse des effectifs.

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