Seine-Maritime : le fils de Latifa Ibn Ziaten a reconnu en garde à vue avoir inventé son agression

Police
FAIT DIVERS - Le fils de Latifa Ibn Ziaten, Naoufal, 30 ans, et son ami ont été placés en garde à vue samedi pour "dénonciation mensongère d'un délit". Les deux hommes avaient prétendu avoir été agressés par trois individus portant des "barbes d'islamistes" chez eux. Ils seront convoqués prochainement devant la justice pour être jugés, selon la procédure du "plaider coupable".

Pas de femme en niqab dans une voiture, pas d'agresseurs portant des "barbes d'islamistes", pas même de coups... Samedi, un des fils de Latifa Ibn Ziaten, Naoufal, 30 ans, et un de ses amis ont été placés en garde à vue avec son ami pour "dénonciation mensongère d'un délit". Les deux hommes étaient soupçonnés d'avoir inventé  une agression qui serait selon survenue jeudi soir à leur domicile de Seine-Maritime. 


Entendus par les policiers, les deux hommes avaient raconté avoir été poussés dans leur maison, alors qu'ils rentraient chez eux, par trois individus qui avaient le visage découvert. Puis ils avaient indiqué avoir été tabassés dans la courette au fond du domicile par ces trois hommes, dont deux au moins portaient des "barbes d'islamistes", avant que ces derniers ne prennent la fuit. Ils avaient également ajouté avoir remarqué devant la maison une voiture, avec une femme en niqab à l'intérieur.


Très vite les enquêteurs ont douté de la véracité de ces propos, relevant notamment un certain nombre "d'incohérences et de contradictions". Par ailleurs, aucune image de vidéosurveillance n'a pu confirmer les déclarations des deux hommes. "Ils ont reconnu en garde à vue avoir inventé cette agression, a fait savoir une source proche du dossier samedi soir à LCI  alors que les gardes à vue venaient d'être levées.  Ils seront convoqués prochainement devant le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache  pour être jugés, selon la procédure du "plaider coupable".

11 jours et 10 jours d'ITT

Les deux hommes se seraient en réalité battus entre eux avant d'inventer plus tard le récit d'une agression. Admis au CHU de Rouen, ils se sont vus prescrire 10 jours d'ITT, pour Naoufal Ibn Ziaten, et 11 jours d'iTT pour son ami. 

"Les deux personnes étaient concubins, une relation dont n'avait pas connaissance la famille. Ils se seraient battus entre eux", a affirmé une source policière  à l'AFP. Le soir des faits, "le fils serait rentré tard, une bagarre a éclaté, il y a eu du sang".


Selon plusieurs sources policières, ces révélations jettent de "sérieux doutes" sur l'affaire des tags survenue il y a un mois, lorsque des menaces et des inscriptions à la gloire du tueur jihadiste avaient été découvertes au domicile de Latifa Ibn Ziaten.

Et ce d'autant que "les tags sont intervenus juste avant que la police ne prévoie de retirer la protection policière" de Latifa Ibn Ziaten, souligne-t-on.

Un homme "dévasté"

Pour Me Méhana Mouhou, avocat de la famille qui avait rapporté l'agression jeudi soir via un tweet retiré depuis, ce qui s'est passé est "dramatique" et révèle avant tout la fragilité psychologique de son client. 


"L'important c'est que la vérité soit rétablie", a souligné l'avocat. "Mon client est effondré et mesure maintenant les conséquences de son appel à police secours pour signaler une agression fictive alors qu'il s'agissait de violence entre lui et un de ses amis".


Il ajoute :  "Depuis l'assassinat de son frère par Mohamed Merah mon client est dévasté", a insisté son avocat, soulignant que son client, "par moments", est "en proie à des comportements inadaptés et (que) cette affaire met en lumière la nécessité d'une aide psychologique".

Devenue un symbole de la lutte contre la radicalisation, Latifa Ibn Ziaten est la mère d’Imad Ibn Ziaten, première victime du jihadiste Mohammed Merah qui, en mars 2012, a tué trois soldats puis, dans l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse, un professeur de religion, ses deux fils et une fillette de 7 ans.

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