Soupçons de pédophilie dans la Nièvre : "Pour nous, c’était plutôt des voleurs de mobylette"

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FAIT DIVERS - Cinq hommes et trois femmes, dont les parents de quatre garçons aujourd'hui âgés de 4 à 9 ans, ont été mis en examen vendredi dans une affaire de viols et agressions sexuelles subis par ces enfants, probablement pendant plusieurs années. Près de 70 infractions relevées par le parquet de Nevers. Dans le village de Châtillon-en-Bazois (Nièvre) d'où est originaire l'un des couples, c'est la consternation.

La nouvelle a vite fait le tour de la paisible commune Châtillon-en-Bazois (Nièvre). Depuis lundi, date de la révélation de l'affaire par la presse locale, on ne parle que de cela. "Ici tout le monde connaît tout le monde, confie Isabelle, gérante du bar Le Petit Sénat. Il y a moins de 1.000 habitants sur quelques 20 km2 alors forcément ça va vite. Et puis moi, j’avais vu les gendarmes arriver. Une vingtaine de militaires qui débarquent à 6 heures du matin pour arrêter des gens. Chez nous, c’est pas tous les jours."


Mercredi dernier en effet, les forces de l’ordre ont interpellé Nathalie M., née en 1981,  et Gilbert M., née en 1978, à leur domicile rue de la Madeleine, après que le village a été blouclé. Lui, comme quatre autres hommes, a été mis en examen et a été placé en détention provisoire vendredi dernier, à l’issue de sa garde à vue pour de multiples infractions. Près de  70 ont été relevées, parmi lesquelles des faits de "viols aggravés sur mineurs (de moins) de 15 ans, pour certains avec un caractère incestueux", de "faits d'agressions sexuelles avec les mêmes circonstances aggravantes", de "corruption de mineurs", de "violences aggravées" ou encore de "privation d'aliments". Son épouse a elle été placée sous contrôle judiciaire, comme les deux autres femmes mises en cause.

Tous les enfants du couple ont été placés

Pendant des années, de 2010 à 2017, Nathalie et Gilbert M. auraient sévi avec des proches, deux anciens couples, "à domicile", dans de petites communes du centre de la Nièvre. Les huit suspects, qui se connaissent dans un cadre amical, selon le parquet de Nevers, sont âgés de 25 à 48 ans. 


Les victimes ? Quatre garçonnets : deux frères de 8 et 4 ans, et deux autres frères de 9 et 4 ans, parmi lesquels deux enfants de ce couple. "Nathalie et Gilbert, ils ont cinq enfants, tous ont été placés, sans que l’on sache vraiment pourquoi", confie un membre de la famille sous couvert d’anonymat. Le parquet précise que les viols ne concerneraient que deux de leurs enfants, et les deux autres enfants d’un autre couple... "Ce monsieur a un casier judiciaire pour plusieurs infractions de droit commun, il a fait de la détention,  nous précise le parquet de Nevers. Toutefois, il n’avait jamais été mis en cause pour des faits de nature sexuelle, ni sur ses enfants, ni sur d’autres enfants."

Le "Rambo du village"

Présumé innocent dans ce volet sexuel, le quadragénaire est en effet déjà bien connus des forces de l’ordre. "Les gendarmes l’ont interpellé plusieurs fois. A chaque fois, on se disait : 'C’est toujours les mêmes. Il a commis pas mal de vols, de légumes, d’essence. il y avait des histoires de cannabis... Ici, on le surnomme 'le Rambo du village' à cause de son look, de ses tatouages sur les bras. Même l’hiver, il se promène dans la rue en Marcel. Pour se montrer, s’exhiber", commente un employé du Maximarché, où le couple venait souvent acheter de la nourriture et de l’alcool, "des bières notamment". 


"Lui et sa femme vivaient des minima sociaux. Ils n’avaient pas de revenus. Ils ne travaillaient pas et ne cherchaient pas d’ailleurs à travailler, insiste une habitante de Châtillon-en-Bazois. Ils disaient 'bonjour' mais c’est tout. Pour tout le monde, c’était des cas sociaux qui ne fréquentaient que des cas sociaux d’ailleurs. Gilbert est plutôt simplet en fait. Elle, elle ne prenait pas vraiment soin d’elle. Ces gens n'étaient pas très fréquentables. On n'avait pas vraiment envie de devenir leurs amis, Encore moins aujourd'hui, avec un Rambo en débardeur accusé de pédophilie, de sodomie sur des enfants, dont sa progéniture", poursuit notre interlocutrice.

La mère de famille dément les accusations

Si le couple n’était pas apprécié des habitants de la commune, la révélation de cette affaire a toutefois surpris. "On est tous tombés sur le cul, pardonnez-moi, mais je ne peux pas vous dire autre chose. La drogue, les vols, on s’attendait à tout... mais pas à ça. Pour nous, c’était plutôt des voleurs de mobylette", déclare ainsi la gérante du Petit Sénat, d’autant que  le couple n’avait plus la garde des enfants, pour certains depuis très longtemps. Le dernier leur a été enlevé au printemps 2017". 


La tante de Nathalie, jointe par nos soins, se dit "touchée" par l’affaire. "J’ai appris ça par les médias. Et puis j’ai eu Nathalie. Elle m’a appelée lundi. Elle m’a dit qu’elle n’avait rien à voir avec tout ça et je la crois. Je la vois pas faire des attouchements sur ses gamins ou ceux des autres. Elle dit qu’elle n’a rien à se reprocher. Pour moi, avec ses enfants, elle a toujours été correcte. Elle conteste les faits. Elle dit aussi que Gilbert n’a rien à voir avec tout cela. Je la crois". A notre micro, la mère de famille s'est elle-même défendue de tout acte répréhensible (voir vidéo en tête d'article).  A Châtillon-en-Bazois et dans ses environs, les investigations se poursuivent.

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