"Selim Fourniret n'existe plus" : le fils de Michel Fourniret et de Monique Olivier s'exprime

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TÉMOIGNAGE - Alors que "L'Ogre des Ardennes" et son ex-femme et complices ont été récemment déplacés, sans résultat, sur des lieux où ils sont soupçonnés d'avoir commis deux autres meurtres, leur fils, qui a changé de nom, revient sur son histoire dans un livre.

Un lien parental impossible à assumer. C'est à ce travail que s'est consacré ces dernières années Selim, le fils de Michel Fourniret et Monique Olivier, en participant au livre écrit par le journaliste Oli Porri Santoro, "Le fils de l'ogre", sorti jeudi 4 octobre. A l'occasion de sa publication, les caméras de TF1 sont allés à sa rencontre, quatre ans après sa première interview.

"Mes parents sont morts"

Dans l'anonymat, cet homme de 30 ans met tout de suite les choses au clair : "Pour moi, Selim Fourniret n'existe plus. Mes parents sont morts, c'est Michel Fourniret et Monique Olivier." Deux personnes, un tueur en série condamné à plusieurs reprises à la perpétuité et sa complice, à l'ombre écrasante.


De son passé, subsistent quelques photos, celles d'une famille et d'une enfance en apparence normale. Au quotidien, pourtant, Michel Fourniret s'avère être un père pour le moins colérique : "Il s'énervait pour des broutilles. Il n'y a jamais eu de violence physique. Juste des cris, de la violence verbale. Il était très, très autoritaire."


Nul souvenir chez le petit Selim que celui d'un père chez Michel Fourniret, quand bien même les deux n'ont, de son propre aveu, "jamais été proch" : "Pour moi, il a joué le rôle de papa. C'est devant la télé, comme tout le monde, que j'ai découvert toute l'histoire." Il en veut d'ailleurs plus à Monique Olivier, "parce qu'elle et moi, on avait une sorte de complicité".

"J'aimerais qu'ils avouent ce qu'ils ont fait, que les familles puissent faire leur deuil"

Brouillé avec ses parents, voulant tirer un trait sur son passé au point de refuser d'apparaître comme témoin à un procès en 2008, il reprend pourtant contact avec son père en 2014, sous l'impulsion du premier journaliste à l'avoir interviewé, Oli Porri Santoro, dans le but avoué de lui faire reconnaître d'autres meurtres. Il correspond alors pendant plusieurs années avec son père et, en 2016, Michel Fourniret confiera être le meurtrier de la Britannique Joanna Parish, retrouvée morte en 1990. "Il s'est retourné vers moi et m'a dit : 'Ah oui, ça, je le confesse, j'ai quelque chose à voir dans la disparition de la petite'. Selim ignorait être la clé. Il était persuadé que son père le détestait."


Selim, qui a depuis changé de nom, veut aujourd'hui tourner la page, après avoir pensé plusieurs fois au suicide, à l'instar de sa demi-sœur Marie-Hélène, morte à l'âge de 33 ans, en 2006. "J'ai appris qu'il s'est servi de moi comme appât (pour attirer la jeune Elizabeth Brichet, en 1989, ndlr) Même si j'en ai aucun souvenir, c'est pesant. J'aimerais que Michel et Monique avouent ce qu'ils ont fait. Qu'ils donnent les emplacements, les noms. Que les familles puissent faire leur deuil." Une ultime étape avant de faire la paix avec ses géniteurs ? L'issue est loin d'être gagnée : "Si les proches des victimes arrivent à leur pardonner, je pourrai le faire. Mais comme ce ne sera pas possible, je ne pourrai pas."

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