Une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole "Macronavirus, à quand la fin ?"

Une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole "Macronavirus, à quand la fin ?"
Police

POLICE - Une jeune femme a été retenue quatre heures en garde à vue à Toulouse pour répondre d'une banderole accrochée à son domicile, proclamant "Macronavirus, à quand la fin ?"

C'était, au départ, la légende d'une caricature publiée en janvier par Charlie Hebdo. C'est devenu, durant le confinement, le message inscrit sur une banderole déployée sur le mur du jardin d'un pavillon toulousain. "Macronavirus, à quand la fin ?", pouvait-on y lire. Elle a poussé la police à intervenir, une première fois le 21 avril pour demander aux résidents de la décrocher, ce à quoi ils ont obtempéré. Une seconde pour remettre une convocation à l'une d'entre eux ayant accepté de s'identifier. La jeune femme a passé quatre heures en garde à vue le 23 avril, au motif "d'outrage", pour être ensuite relâchée sans suites immédiates, a révélé vendredi 24 avril son avocate, Me Claire Dujardin.

"L'infraction n'est pas constituée, on est plutôt sur du renseignement, de la police politique", dans "un contexte où l'on ne peut plus manifester", a ajouté la juriste. De son côté, le NPA-31, section locale du Nouveau Parti anticapitaliste, qui a également participé à rendre l'affaire publique, s'est ému d'"un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression", dans une motion soutenue notamment par les sections locales de la CGT, du PCF, d'EELV et de la LDH.

"Tu veux savoir si t’as le corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats"

Cette affaire survient après d'autres cas plus ou moins similaires depuis début avril, à savoir des visites de policiers, à Paris, Marseille et Caen, auprès d'habitants confinés ayant déployé sur leurs façades des banderoles à connotation politique, selon Mediapart. Une source policière a ainsi confirmé à l'AFP qu'à Paris, la police était intervenue le 14 avril auprès d'un couple pour une banderole "Macron on t'attend à la sortie", jugée comme comportant un "caractère un peu menaçant à l'égard du chef de l’État". "Il y a eu discussion. Il n'y a pas eu de verbalisation. La banderole a été enlevée", a précisé cette source.

Lire aussi

Toute l'info sur

Coronavirus : comment bien occuper son temps en période de confinement

Mediapart fait aussi état de cinq interventions policières dans un squat marseillais, dont deux ont été confirmées par la préfecture, et de deux convocations de résidents, pour une banderole "Tu veux savoir si t’as le corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats". A Caen enfin, toujours selon le site d'informations, la police municipale est intervenue auprès d'habitants pour discuter, mais sans même demander le retrait de leur banderole.  

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent