Trafic de drogue : le plan du gouvernement pour lutter contre le phénomène des "mules" en provenance de Guyane

Police
COCAÏNE – La police a lancé une expérimentation pour mieux lutter contre le phénomène des passeurs de cocaïne en provenance de Guyane. Ce plan va être déployé jusqu’en métropole. Les effectifs seront renforcés et la capacité d’accueil en milieu hospitalier des "mules" va doubler…

Les enquêteurs spécialisés alertaient depuis plusieurs mois sur cette filière en pleine explosion. Les policiers s’apprêtent à déployer un plan d’action interministériel pour lutter contre le trafic de cocaïne en provenance de Guyane. Mi-avril, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, a demandé à ses troupes de mettre en place, à titre expérimental, un dispositif de contrôle spécifique à cette problématique. 

Ce protocole interministériel – impliquant les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé et Bercy – vise à dissuader les passeurs implantés en Guyane de se rendre à l’aéroport de Cayenne pour venir en métropole et écouler leur marchandise. Sur le modèle mis en place au Surinam, sur la pression des Etats-Unis, le gouvernement veut que les passeurs soient fortement dissuadés dès la frontière avec le Surinam. Des effectifs de police seront ainsi déployés et visibles tout au long de la route menant à l’aéroport de Cayenne.

Des lits supplémentaires à l’hôpital

Les effectifs de la brigade de recherche de Saint-Laurent du Maroni, à la frontière, seront renforcés cet été et passeront de 18 à 22 militaires. Par ailleurs, les 25 douaniers présents dans la ville réorienteront leur activité autour du transit frontalier de la drogue.


"Le problème majeur est que le dispositif en Guyane est très rapidement saturé, puisque dès qu’un passeur est interpellé avec des capsules de cocaïne dans l’estomac, il faut l’envoyer à l’hôpital, le temps qu’il expulse la drogue", nous confiait un haut responsable de la lutte anti-drogue il y a quelques semaines. Le ministère de la Santé s’est ainsi engagé à mener des travaux au centre hospitalier de Cayenne afin de regrouper dans une même chambre sécurisée huit lits, ce qui permettra de doubler le nombre de "mules" détectées à l’aéroport de Cayenne et de faciliter leur surveillance.

Priorisation de l’action en provenance de Guyane

A Orly, aussi, des efforts seront déployés, notamment en  ciblant systématiquement les "mules" qui auraient pu passer. Les douaniers vont prioriser leur action sur les contrôles des vols en provenance de Guyane. A la rentrée de septembre, une antenne de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) sera installée à l’aéroport d’Orly. 


Ce plan va être mis en place dans les tous prochains jours, pour une durée reconductible de trois mois.

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