Joinville-le-Pont : trois questions sur la folle soirée clandestine

Joinville-le-Pont : trois questions sur la folle soirée clandestine

FÊTE SAUVAGE - La soirée qui s'est déroulée vendredi dernier dans cette commune du Val-de-Marne met au grand jour un réseau opaque qui organise des festivités dans le plus grand mépris des recommandations sanitaires.

Des images dignes du film Projet X. Trois jours après avoir eu lieu, la folle soirée de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) continue de marquer les esprits... et de susciter l'indignation. Un rassemblement de 300-400 personnes, au mépris de toutes les mesures sanitaires en vigueur, et qui a dégénéré en violente bagarre. Une scène surprenante compte tenu du contexte actuel, mais qui est survenue plus d'une fois.

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Que s'est-il passé ?

Tout commence vendredi dernier. La police est appelée par des riverains d'un loft situé dans un quartier résidentiel de Joinville-le-Pont. Plusieurs policiers interviennent et découvrent alors une centaine de participants qui s'affrontent "avec une violence inouïe". Confrontés à une musique assourdissante et des convives éméchés, les forces de l'ordre constatent qu'aucun des invités ne porte de masque. Beaucoup de préservatifs usagés sont retrouvés par terre.

Tentant malgré tout d'interrompre la fête, des policiers sont apris à partie et visés par des projectiles. Ils tirent deux grenades de désencerclement ainsi qu'une grenade lacrymogène pour se défendre, ce qui déclenche un mouvement de foule. Plus d'une centaine de participants quittent alors les lieux dans la précipitation, allant même pour certains jusqu'à escalader les toits des maisons voisines. Un spectacle chaotique qui laisse alors place à la désolation.

À quand remonte le premier incident ?

Mais à en croire les riverains, ce n'est pas la première fois que des soirées ont lieu dans ce pavillon. "Des groupes de gens rentraient. Peut-être par 30, mais très rapidement... C'était assez rapide", témoigne une voisine à notre micro. Selon elle, la police est intervenue à maintes reprises, sans succès. 

Une dizaine de signalements reçus par la mairie visent en effet ce bâtiment qui appartient à une SCI, une société civile particulière spécialisée dans le secteur d'activité de la location. Des fêtes clandestines s'y déroulaient presque tous les week-ends, organisées via des appels sur les réseaux sociaux. Sur un flyer qu'a pu se procurer TF1, on peut y retrouver les tarifs d'entrée au loft pour une soirée libertine : 60 euros pour les personnes venant en couple, 70 pour les hommes et 15 pour les femmes. 

"La police municipale passait en journée mais il n'y avait personne et la police nationale n'était pas intervenue ou n'avait pas investigué", rapporte Olivier Dosne, maire LR de Joinville-le-Pont. Pour lui, ces soirées devaient sans doute se dérouler dans d'autres lieux en Ile-de-France, un moyen de contourner la fermeture des boîtes de nuit à cause de l'épidémie. 

"Ce sont des personnes extérieures à ce monde-là qui gèrent ça sur les réseaux sociaux et qui, sur Snapchat pour cette soirée-là, envoient des invitations et les personnes arrivent par des VTC", relate l'édile, qui parle d'un "mépris de tous les efforts faits par les professionnels de santé, par les commerces et tout ceux qui se confinent ou font attention"

Quelle suite pour l'enquête ?

La mairie de Joinville-le-Pont a fait savoir lundi qu'elle allait porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Une décision prise alors qu'un des convives de la soirée, blessé au cours de celle-ci, a été testé positif au coronavirus, laissant craindre l'émergence d'un gros cluster. La préfecture de police a invité l'ensemble des participants à la fête à se faire dépister au plus vite et à s'isoler le temps de recevoir les résultats de leur test. 

Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue après la fête. Ce mardi, le parquet nous indique que deux d'entre elles ont été déférées, le propriétaire de la maison, âgé de 37 ans, et l'agent de sécurité de la soirée âgé de 43 ans, pour être présentées à un juge d'instruction. La garde à vue de la troisième personne (elle était hébergée dans la maison mais mais ne serait pas rattachée à l'organisation de la soirée) a été levée lundi soir. 

Une information judiciaire sur plusieurs qualifications, notamment "travail dissimulé" et "mise en danger de la vie d'autrui", doit être ouverte.

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