Le rappeur Sadek poste une vidéo dans laquelle il passe à tabac un blogueur, une enquête ouverte

Le blogueur Bassem Braïki et le rappeur Sadek
Police

FAIT DIVERS – Les images de la violente agression ont été diffusées sur les réseaux mardi matin. Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet de Lyon.

La vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Elle a même été partagée sur Twitter mardi 11 février à la mi-journée par Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est quelque peu emmêlé les pinceaux sur l’identité des personnes filmées. Les images, très violentes, montrent l’agression du blogueur Bassem Braïki (à gauche sur la photo) par plusieurs individus dont le rappeur Sadek (à droite) la veille au soir dans une rue de Vénissieux.

Le premier apparaît au sol, visage ensanglanté, et reçoit notamment des coups de poings. Le second a reconnu les faits, partageant d’abord une photo de lui la main en sang sur son compte Twitter. Sur Instagram, le rappeur a reconnu les faits et expliqué avoir "cédé comme un imbécile à la violence et à la haine". "Sachez que ce que j’ai fait, c’est de la grosse merde. Et regardez bien : je vais payer pour ça, j’en suis totalement conscient. Et ce qui va m’arriver, c’est bien fait pour moi", dit-il.

Au bout d’un moment j’ai pété un plomb et j’ai pensé que j’avais le droit de me faire justice moi-même- Sadek

Selon Le Parisien, une enquête pour flagrance a été ouverte par le parquet de Lyon pour violence avec arme et en réunion. Le parquet a confirmé à l'AFP que la police était "intervenue cette nuit à la suite de l'agression de Bassem Braïki, lequel aurait déclaré avoir été frappé par plusieurs individus. Sadek raconte avoir "été victime" d'un harcèlement permanent du blogueur, avec qui il se bagarre régulièrement sur les réseaux sociaux. "Au bout d’un moment, je ne supportais plus les menaces avec des armes et des propos (…). Ça m’a fait sortir de mes retranchements (sic)", affirme-t-il, affirmant qu'il "combattrait toujours le racisme, les menaces, la délation, les mensonges et la diffamation. Ce dont j’ai été victime. Au bout d’un moment j’ai pété un plomb et j’ai pensé que j’avais le droit de me faire justice moi-même". Il assure avoir "porté plainte comme un bon citoyen", sans succès. 

"C'est la faiblesse et le manque de réactivité de votre système judiciaire qui rend les gens fous. Des mois que j'envoie des appels à l'aide. Ma famille et moi sommes harcelés, personne ne fait rien. J'ai honte de cette situation", insiste-t-il sur Twitter en réponse au président de Debout la France. Selon Le Progrès, la rixe pourrait avoir été déclenchée après l'annulation d'un concert de Sadek à Saint-Priest en raison de tensions croissantes avec Bassem Braïki. Ce dernier, rendu célèbre par une vidéo qui appelait les musulmans de France à  "traquer" les terroristes et se positionner contre l'islamisme radical après les attentats du 13 novembre, avait participé à faire annuler un concert de Booba à Lyon. Contactés par l'AFP, les pompiers du Rhône ont confirmé avoir "pris en charge à 4h20 à Vénissieux un homme de 37 ans suite à une agression". "Blessé à la tête, il a été transporté à l'hôpital en urgence relative", ont-ils ajouté.

Dans une interview au Progrès, le frère de Bassem, Bayrem Braiki, élu communiste à Vénissieux, a condamné "une tentative de meurtre". "La préméditation est là, aggravée par le fait que la scène a été filmée et répandue sur les réseaux sociaux. C'est une honte !", a-t-il dénoncé avant d'appeler au calme.

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