Victime de harcèlement dans son collège, Evaëlle, 11 ans, s'est suicidée

Police
HARCÈLEMENT - Evaëlle, jeune collégienne de 11 ans, s'est donné la mort vendredi 21 juin, après un an à subir le harcèlement scolaire de ses camarades. Ses obsèques se tiennent à Paris ce mercredi 3 juillet. Ses parents ont porté plainte pour comprendre qui sont les responsables.

Des insultes, des brimades, des coups. A répétition. Evaëlle, 11 ans, ne supportait plus le harcèlement scolaire et a mis fin à ses jours le vendredi 21 juin. Son père l'a retrouvée pendue à son lit, à Herblay dans le Val d'Oise. Les obsèques sont prévues ce mercredi matin au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Le Parisien a rencontré ses parents, secoués par le drame, et indignés par la potentielle implication du personnel scolaire dans le harcèlement subi par leur fille.

Un harcèlement pas seulement de la part des élèves

Evaëlle était scolarisée en sixième au collège Isabelle-Autissier en septembre, puis avait intégré Georges-Duhamel après les vacances de février, suite aux confidences de la petite fille et à la plainte de ses parents pour harcèlement scolaire. Pourtant, l'enfer a recommencé dans le nouvel établissement. Au-delà des moqueries de ses camarades, au moins une professeure l'aurait humiliée régulièrement. "C'est parti de là. Elle la traitait de folle", témoigne une amie d'Evaëlle dans le Parisien. Une autre élève ajoute : "Quand tu n'arrives pas à faire quelque chose, elle te dit que tu es nulle. Elle dit à tout le monde : 'Vous êtes la pire des classes'." Une autre ajoute que "ça dépend des personnes. Elle s'attaque aux plus faibles."

Pour faire le jour sur les responsabilités de chacun dans le harcèlement de leur fille, Marie et Sébastien, respectivement ingénieure et éducateur, ont déposé une nouvelle plainte. S'ils ne veulent pas en dévoiler le contenu pour préserver l'enquête en cours, ils confirment que "ce n'était pas un harcèlement que de la part des élèves".

Des méthodes de prévention insuffisantes

Les parents d'Evaëlle la décrivent comme une fillette toujours prête à aider les autres, "qui voulait être amie avec tout le monde". Investie dans le mouvement scout, rêvant de devenir institutrice, elle était "souvent dans l'excès et quand on est dans l'excès, on se fait rejeter", déplore Sébastien. "On a élevé nos enfants dans l'empathie. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde", regrette Sébastien. Ce dernier estime que c'est l'origine du problème, que la sensibilité de sa fille fait défaut aux jeunes d'aujourd'hui : "Ils ne se rendent pas compte. Pour eux, ce ne sont que des moqueries".


Les parents déplorent également l'inefficacité des méthodes de prévention actuelles, puisque les jeunes élèves vivent encore le harcèlement comme un tabou et ont de grandes difficultés à aller voir un adulte. Pour Marie, "Il faut mettre des cours d'empathie dès la maternelle. En Finlande, c'est ce qu'ils font."

L'Inspection académique du Val-d'Oise affirme pourtant que "l'établissement a fait le nécessaire vis-à-vis des élèves harceleurs". Une porte-parole affirme que les situations de harcèlement de l'établissement "ont été traitées", notamment avec la méthode Pikas, une méthode de prévention par la médiation entre élèves. Elle ajoute qu'Evaëlle a reçu "un accompagnement appuyé vis-à-vis de son mal-être. Mais le cauchemar a continué, jusqu'à l'inévitable."

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter