Adolescente violée et tuée à Nantes : comment les récidivistes sont-ils suivis ?

Adolescente violée et tuée à Nantes : comment les récidivistes sont-ils suivis ?

CRIME SEXUEL - Des questions se posent après le viol et le meurtre d'une adolescente par un multirécidiviste à Nantes. L'homme était en liberté, il avait purgé sa peine de prison pour des viols précédents. Est-ce à dire qu'il n'y a pas de solution ? Une surveillance plus efficace serait-elle possible ? Une injonction thérapeutique ? Nos éléments de réponse.

Le meurtre et le viol d'une jeune fille de 15 ans par un multirécidiviste à Nantes ont relancé le débat sur la prise en charge des personnes condamnées pour crime sexuel, une fois libérées. Âgé de 45 ans, le suspect était sorti de prison en 2016 après avoir purgé une peine de 18 ans de réclusion criminelle pour neuf viols, trois tentatives et une agression sexuelle commis entre 2001 et 2003. 

Ce que l'on sait pour l'heure, c'est qu'il n'y aurait eu aucune alerte avant son passage à l'acte, survenu à Nantes le 20 août dernier. L'homme suspecté du meurtre et du viol de cette jeune fille respectait à la lettre les suivis socio-judiciaires, comme l'obligation de travailler et de se soigner. Il consultait un psychothérapeute tous les deux mois et travaillait comme chef d'équipe dans une briqueterie. 

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Quel suivi en fin de peine ?

Généralement, les conditions de sortie de prison sont fixées lors du procès mais avant une remise en liberté, un juge ou le tribunal d'application des peines peuvent aussi modifier les règles. Ils peuvent éventuellement ajouter le port du bracelet électronique et dans des cas rarissimes, des personnes peuvent être soumises à la rétention de sûreté. "Il y a des critères extrêmement stricts, dans certains cas, qui permettent de garder des personnes en détention, des personnes condamnées", indique Céline Parisot, présidente de l'Union Syndicale des Magistrats. 

Saisie par le ministère dès le vendredi 29 août, l'Inspection générale de la justice (IGJ) devra évaluer "la mise en oeuvre de la mesure de suivi socio-judiciaire dont le mis en cause a fait l'objet" après sa sortie de prison, détaille la chancellerie dans un communiqué. Elle aura également pour charge "d'examiner si cette prise en charge a été correctement effectuée tant au regard des obligations générales que des obligations particulières", poursuit le communiqué. Les inspecteurs de l'IGJ, qui sont déjà sur place, devraient rendre leurs premières conclusions vendredi prochain.

Qu'en est-il de la castration chimique ?

Régulièrement exigée pour les délinquants sexuels, la castation chimique revient aujourd'hui dans le débat, mais comment s'applique-t-elle en France ? Contrairement à certains pays comme la Pologne, dans l'Hexagone, l'accusé doit donner son consentement pour ce traitement réversible. "Dès lors que l'on a des violences sexuelles répétées associées à des troubles psychiatriques et des fantasmes débordants associés à de la violence, il faut proposer ce traitement, et on sait que c'est efficace", plaide Anne-Hélène Moncany, présidente des Centres de Ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS), dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

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Qui a accès au fichier des délinquants sexuels ?

Depuis 2004, le nom des délinquants sexuels est inscrit au fichier des infractions sexuelles. Celui-ci peut-être consulté par le préfet, la police, la gendarmerie et certaines administrations comme l'Éducation nationale, notamment pour les processus de recrutement. 

Il a donc un accès limité, contrairement au fichier américain. Là-bas, tout le monde peut consulter cette base de données publique, avec les adresses de personnes condamnées pour des affaires de mœurs. 

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